Devenir monégasque ? Pas si facile ! À Monaco, ni la résidence, ni la naissance sur le territoire ne peuvent offrir le droit à la nationalité monégasque. Retour sur la liste non-exhaustive des prérequis essentiels à l’obtention de cette nationalité, qui concernait en 2020 plus de 9500 personnes. 

S’il est un précieux sésame à décrocher à Monaco, c’est bien celui de la nationalité de la Principauté. Devenir citoyen monégasque offre en effet bien des avantages : une absence de fiscalité, des emplois assurés ou encore des logements à coûts réduits. En 2020, si la Principauté ne comptait que 9573 monégasques, son nombre d’habitants dépassait aisément les 38000 résidents aux nationalités variées : en 2016, 9286 habitants de Monaco étaient notamment français, 8172 résidents étaient italiens et 2795 britanniques résidaient au sein de la Principauté, par exemple. Résider à Monaco, sans pour autant avoir la nationalité monégasque, offre également des avantages fiscaux : toute personne physique, à l’exception des individus de nationalité française, qui réside au sein de la Principauté n’est soumise à aucun impôt sur le revenu, sur les plus-values ou sur le capital. 

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Plus de 38000 résidents et uniquement 9573 citoyens

En 2020, la Principauté comptait plus de citoyennes que de citoyens : 5222 monégasques étaient des femmes, et 4351 des hommes. En 2019, si 62,9% de la population de nationalité monégasque avait pour pays de naissance la Principauté elle-même, 26,5% avait pour pays de naissance la France. Cette année-là, 2,4% des citoyens monégasques étaient nés en Italie, 0,8% aux États-Unis ou encore 0,5% au Royaume-Uni. 

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Réception en l’honneur des personnes ayant acquis la nationalité monégasque en 2019 © Marie de Monaco

Filiations et mariages

Si la résidence ou la naissance en territoire monégasque ne donnent aucunement l’accès à la nationalité monégasque, la filiation reste l’un des principes essentiels pour devenir citoyen : un enfant né d’un parent monégasque obtiendra la même nationalité. L’adoption donne également accès à la nationalité monégasque, dans les mêmes conditions que pour un enfant biologique. Un enfant né à Monaco de parents inconnus obtient la nationalité monégasque du seul fait de sa naissance sur le territoire.

Quant au mariage, il n’a pas d’effet immédiat sur la nationalité d’un non-monégasque : épouser un ou une monégasque permet en effet d’acquérir cette nationalité après un délai de dix ans de mariage et à condition que ce conjoint n’ait pas lui-même obtenu la nationalité monégasque grâce à un précédent mariage. Alors que cette période ne s’étendait qu’à cinq années jusqu’en 2011, ce délai pourrait prochainement se voir allongé à 20 années.

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Adresser une demande de naturalisation au Prince Souverain

Toute personne ayant sa résidence habituelle au sein de la Principauté pendant une période de dix années au moins après sa majorité, soit l’âge de dix-huit ans, a la possibilité d’adresser une demande de naturalisation auprès du Prince Souverain. En effet, à Monaco, la naturalisation relève du pouvoir discrétionnaire du Prince Souverain, qui juge notamment si la personnalité du demandeur est digne de cette faveur. Le candidat qui cherche à obtenir le précieux sésame devra alors remplir deux critères : celui de l’exonération des obligations militaires dans son pays d’origine ainsi que la perte de sa nationalité antérieure.

Il est également possible de perdre la nationalité monégasque, notamment en demandant une autre nationalité ou en s’engageant volontairement au sein d’une armée étrangère. Une personne adoptée peut également faire le choix de décliner la nationalité monégasque, à sa majorité.