Le prince Albert inaugure « le chantier du siècle »

Le prince Albert inaugure « le chantier du siècle »

Les fondations du futur quartier de l’Anse du Portier ont été posées. Le prince Albert II s’en est porté lui-même garant : ce chantier pharaonique d’urbanisation en mer devrait s’intégrer harmonieusement dans l’environnement local et respecter l’écosystème marin.

Avec ses 10 000 tonnes, ses 27 mètres de haut et ses 28 mètres de large, il ressemble de loin à un énorme iceberg perdu sur les eaux bleues de la Méditerranée. De près, c’est une autre histoire. Ce géant gris de 3800 m3 est le premier des dix-huit caissons qui formeront, à Monaco, les fondations de l’Anse du Portier, un nouveau quartier de six hectares gagnés sur la mer. L’équivalent de 3% des 2 kilomètres carrés de la principauté.

Une inauguration en grande pompe

La pose de la première « pierre » de cet ambitieux programme d’urbanisation lancé en 2015, a été inauguré par le prince Albert II, le mercredi 25 juillet. Le souverain était entouré des membres du gouvernement et de Martin Bouygues, le PDG de Bouygues dont la filiale, Bouygues Construction, est chargée des travaux. Inauguration en grande pompe qui a vu l’archevêque de Monaco, monseigneur Bernard Barsi, bénir l’ouvrage acheminé par la mer depuis Marseille où Bouygues Travaux Publics fabrique les caissons.

Le mastodonte de béton devrait bientôt être immergé. Il reposera alors sur un remblai d’assise, constitué depuis mars 2018 et composé d’un million et demi de tonnes de granulats. Les autres caissons seront livrés d’ici 2019 ou 2020. L’ensemble formera une ceinture permettant d’aménager la dalle qui supportera le futur quartier. Il le protégera également des agitations de la houle. Une œuvre de tous les superlatifs : l’infrastructure maritime chiffre un milliard d’euros sur les deux milliards mobilisés par ce que la presse a appelé « le chantier du siècle ».

Logements de luxe et larges espaces publics

Prévu pour être livré à l’horizon 2025, le quartier de l’Anse du Portier comprendra 60 000 m2 de surface pour appartements de luxe et villas en front de mer, 3000 m2 pour des commerces, 9000 m2 pour une extension du Grimaldi forum, un parking public et un port de plaisance de 30 anneaux. De larges espaces publics – place centrale et cheminements piétons, parc végétalisé d’1 hectare et promenade le long du littoral – achèveront de dessiner la physionomie de ce quartier conçu par le cabinet d’architectes Valode & Pistre.

Titulaire de la concession d’aménagement, la SAM de l’Anse du Portier, qui finance l’intégralité de la construction de l’extension maritime, se rémunérera par la vente des logements et des commerces. Elle espère rentrer rapidement dans ses frais. Pour habiter les logements, les futurs résidents devront en effet mettre la main à la poche : cela leur coutera entre 50 000 et 100 000 euros le mètre carré. De son côté, l’Etat monégasque table sur une soulte de 400 millions d’euros versée par la SAM. Il estime aussi pouvoir récupérer 750 millions d’euros en recettes de TVA et droits d’enregistrement grâce aux ventes immobilières.

De Rainier à Albert, une volonté de conquête de nouveaux espaces

Ce projet sorti des eaux, qualifié de « top site » par Philippe Bonnave, PDG de Bouygues Construction, s’inscrit dans la continuité des politiques urbaines suivi par la principauté. Dès les années 50, le père d’Albert II, Rainier III, avait compris que ce petit territoire, coincé entre la mer et la montagne, avant besoin de s’agrandir pour poursuivre son développement. La construction du quartier de Fontvieille, entre 1966 et 1973, répondait à cette ambition de conquête de nouveaux espaces. 20% du territoire monégasque, soit 40 hectares, ont déjà été gagné sur la mer par différents aménagements.

Nouveauté cependant, l’Anse du Portier devrait répondre aux critères écologiques que le prince Albert II a inscrit au cœur de son action. « Le défi, disait-il lors du lancement du projet, est de rendre compatible ce qui a priori ne l’est pas : construire sur la mer tout en préservant l’environnement ».

Un « top site » respectueux de l’environnement

Si des associations de défense de l’environnement, notamment à Roquebrune, restent vigilantes et demandent un suivi de l’impact des travaux sur la faune et la flore sous-marines, le gouvernement monégasque assure que le chantier est suivi par des scientifiques. La création d’un nouvel écosystème est même prévu. En effet, les caissons sont creusés de rainures, afin de présenter un front granuleux à la mer. Il s’agit de permettre aux espèces sous-marines de s’y implanter et de reconstituer l’écosystème déplacé en raison des travaux de terrassement en profondeur.

Au gouvernement, on insiste sur le fait que, conformément aux impératifs fixés par Albert II, le quartier de l’Anse du Portier s’intégrera dans l’identité paysagère et urbaine de la principauté et qu’il fera l’objet de certifications environnementales. Un bilan écologique sera établi lors de la livraison du quartier en 2025. Défi relevé ?

 

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