Une mère de famille condamnée pour avoir dérobé des articles de sport à Monaco
Une employée de la SBM résidant à Beausoleil a été jugée ce mardi 3 février 2026 par le tribunal correctionnel de Monaco pour le vol de trois articles de sport d’une valeur de 219 euros dans une boutique Nike.
Le 23 juillet 2025, le manager d’une boutique Nike située en Principauté alerte les services de police après avoir constaté un vol. Les agents interviennent rapidement et contrôlent la prévenue, ressortissante cap-verdienne, qui vient d’effectuer un achat. À l’intérieur du sac qu’elle a payé, les policiers découvrent plusieurs articles volés : une brassière de sport, un legging et un short de sport, pour un montant total de 219 euros. Les objets sont récupérés. Interrogée par les forces de l’ordre, la femme reconnaît immédiatement les faits. Elle explique qu’elle « en avait besoin »et que « ça l’avait tentée ». Le responsable du magasin laisse entendre que ce n’est pas la première fois qu’elle commet ce type d’acte. L’enquête révèle par ailleurs que la prévenue fait l’objet d’un rappel à la loi prononcé en janvier 2025. Les autorités françaises la connaissent également pour des faits similaires.
« C’est difficile parfois de payer mes factures »
À la barre, la prévenue tente de justifier son geste : « Je reconnais les faits, c’est difficile parfois de payer mes factures. C’est pas facile de finir les fins de mois », déclare-t-elle. Elle évoque les dépenses liées à ses deux enfants à charge, notamment « l’appareil dentaire de ma fille. »
Le tribunal se montre immédiatement sceptique : « C’est une raison pour voler ? Ces articles ne sont pas de première nécessité, et vous faites ça devant votre fille, ce n’est pas le bon exemple que vous donnez », indique le magistrat. « Vous êtes connue pour des faits de ce type aussi, les policiers français vous connaissent pour ça. Vous n’êtes pas en train de voler un sandwich pour votre fille, là ce sont des articles de sport. La dernière fois, il s’agissait de produits cosmétiques ou de maquillage. Il y a énormément de gens qui ont des dettes et qui ont du mal à finir les fins de mois et ils ne se retrouvent pas devant nous pour autant », indique le tribunal.
Face aux revenus de la prévenue, le tribunal ne comprend pas ses difficultés financières : « Vous n’arrivez pas à gérer votre argent ? » La femme tente de se justifier : « Je fais quand même attention, j’ai un bon salaire mais c’est difficile quand même ». Le tribunal insiste : « Vous volez une brassière de sport, un legging et un short. Quel est le lien avec le fait que vous avez du mal à payer l’appareil dentaire de votre fille ? Ce n’est pas un besoin vital. Puis, 219 euros pour un short, un legging et une brassière, on trouve la même chose à 30 euros dans une autre enseigne, et là, on peut se le permettre. »
« J’aurais voulu entendre : j’ai fait strictement n’importe quoi »
Le procureur prend la parole et se montre particulièrement ferme : « Aujourd’hui, vous êtes prévenue d’avoir violé la loi pour la deuxième fois dans la même année, pour les mêmes faits. Votre discours aurait été compréhensible si vous aviez volé une baguette de pain pour nourrir vos enfants, mais les vêtements de sport sont pour vous. Vous faites des choix. Tout ce que vous me dites, ça n’a aucun sens. Avoir des difficultés j’entends, mais voler 219 euros chez Nike, ce n’est pas logique. Ces biens n’ont aucun lien avec vos enfants. »
Le magistrat insiste sur la responsabilité maternelle : « Il faut assumer ses choix, et voler avec sa fille de 13 ans, il faut avoir une certaine… audace si je puis dire. J’aurais voulu entendre de votre part devant ce tribunal : J’ai fait strictement n’importe quoi, j’ai honte d’avoir pris le risque que ma fille soit placée dans un foyer pendant que j’étais en garde à vue. Mais là, permettez-moi de douter de ce que vous êtes en train de raconter. Ce n’est pas le signe d’une maman responsable ou d’un citoyen qui souhaite se remettre dans le bon chemin. J’espère que vous allez comprendre qu’on ne s’amuse pas et qu’il faut changer de comportement ». Le procureur réclame dix jours d’emprisonnement avec sursis.
Sans avocat pour la défendre, la prévenue s’adresse une dernière fois à la barre : « Je reconnais ce que vous avez dit madame la procureure, c’est la morale que je me fais tous les jours. Plus jamais je referai ça, je ne veux pas perdre mon travail, car grâce à ça je peux m’occuper de mes enfants ». La procureur la met alors en garde sur les conséquences de sa condamnation : « Avec cette condamnation là, vous allez perdre votre permis de travail, c’est un fait, mais vous pouvez demander la non-inscription sur votre casier judiciaire ». Suite à cette perche tendue par le ministère public, la prévenue demande au tribunal la non-inscription sur son casier judiciaire.
Après délibération, le tribunal a reconnu la prévenue coupable des faits qui lui sont reprochés. Elle est condamnée à dix jours de prison avec sursis et sa demande de non-inscription sur son casier judiciaire est rejetée.









