Dans les coulisses du Rolex Monte-Carlo Masters : le tournoi par ceux qui le vivent
Homme de court, responsable des boutiques ou sapeur-pompier volontaire : ils ne frappent pas la balle, mais sans eux, le tournoi n’existerait pas. Rencontre avec trois personnes qui font vivre le tournoi dans l’ombre des stars du tennis mondial.
Salim, homme de court

Depuis quand travaillez-vous sur ce tournoi ?
Certains collègues y travaillent depuis dix à quinze ans. Pour moi c’est tout nouveau, je découvre depuis l’année dernière. Je viens de Perpignan, donc entre le logement et le trajet, l’opération n’est pas rentable financièrement. Mais se retrouver au bord du court, voir de grandes stars du tennis de près, ça n’a pas de prix. Je suis amateur de football à l’origine, j’ai découvert le tennis récemment donc cette expérience me procure un plaisir immense.
En quoi consiste la préparation des courts chaque jour ?
Il y a deux étapes. En première partie de matinée, on prépare les terrains : on remet de la terre, on trace, on balaie, on passe la traîne. On dispose aussi du calcium pour absorber l’humidité et éviter que les courts soient trop humides en journée. Sur les terrains de match, des experts viennent ensuite mesurer l’amplitude du rebond puisqu’il y a des règles strictes à respecter. La seconde étape consiste à entretenir les courts toute la journée. Il faut que les surfaces soient impeccables pour correspondre au statut haut de gamme du tournoi .


Les joueurs ont-ils des exigences particulières ?
Ça dépend des joueurs chacun a sa petite habitude, certains ne veulent même pas qu’on passe la traîne sur le practice pour jouer tout de suite. D’autres sont plus exigeants. Par contre, après leurs entraînements, on en profite pour faire des photos avec eux. Ils n’ont jamais refusé, c’est sympa.
Jean-Michel Fauritte, responsable merchandising

Pourriez-vous nous raconter quelle est votre responsabilité sur le tournoi et quelle est votre expérience ?
En 2019, Éric Domerego, le directeur adjoint du Monte-Carlo-Country-Club et mon ami depuis l’adolescence, m’a sollicité pour un diagnostic de l’activité commerciale. Ayant par ailleurs de l’expérience dans le retail, j’ai occupé chaque poste pendant neuf jours, coursier, caissier, etc, pour comprendre le fonctionnement et identifier les axes d’amélioration. Le constat était clair : la sélection de produits était excellente, mais l’organisation avait atteint ses limites. La problématique principale résidait dans la gestion des flux. Comment permettre à un visiteur d’entrer, de repérer un article, de payer rapidement et de sortir ? Nous avons revu le mobilier, le sens de circulation, le nombre de caisses. Le dispositif a été mis en place en 2021, et depuis, le chiffre d’affaires a été multiplié par trois, voire quatre.

Quel est le produit phare du tournoi ?
La casquette, sans hésitation. Nous en écoulons environ 14 000 sur les neuf jours du tournoi. Les spectateurs sont exposés en tribune au premier soleil de l’année : c’est à la fois un accessoire de protection et un souvenir. Au-delà, nous adaptons l’offre en temps réel à la météo. Dès que le temps se couvre, les vestes et sweats passent au premier plan ; en cas de pluie par exemple, nous pouvons écouler un millier de parapluies en une heure.
Le tournoi affiche complet. Quelle est la principale difficulté aujourd’hui ?
L’espace. Nous avons besoin de surfaces supplémentaires, mais la configuration du site ne le permet pas. Quatre-vingts pour cent des visiteurs accèdent au tournoi par le village bas, où nous souhaiterions implanter une boutique plus grande. Le vrai problème, ce n’est pas la visibilité des produits, c’est la densité de clientèle à l’intérieur des boutiques. Certains visiteurs renoncent à entrer. C’est une difficulté enviable, mais qu’il faut résoudre. Le potentiel de croissance reste considérable.
Christophe Robello, sapeur-pompier volontaire

Quel dispositif de secours est mobilisé pendant le tournoi ?
Le dispositif de secours est assuré par l’Union départementale des sapeurs-pompiers. Il se compose de huit secouristes et de deux infirmières. Nous travaillons également aux côtés d’une association qui compte deux médecins et un infirmier. En parallèle, un dispositif distinct est dédié à la lutte contre l’incendie. L’ensemble est coordonné par le colonel Brocardi, qui réceptionne les appels et nous les transmet. Deux personnes restent en permanence à l’infirmerie, tandis que des équipes de deux ou trois effectuent des rondes tout au long de la journée pour intervenir au plus vite.
Quels types de risques rencontrez-vous sur le site ?
Les situations sont variées. La chaleur provoque de nombreux malaises : ce matin encore, nous avons pris en charge deux personnes sous les tribunes. Le site comporte aussi de nombreux escaliers, ce qui augmente les risques d’accident. Sur les dix jours de tournoi je travaille en moyenne quatre à cinq jours, de 9h à 19h, voire plus tard lorsque les matchs se prolongent.
Depuis combien de temps intervenez-vous ici ?
Depuis onze ans j’ai la fierté de participer à un événement de cette envergure, qui rassemble un public considérable. On côtoie des stars mondiales du tennis, des personnalités, des gens connus. C’est un cadre de travail stimulant. Et puis j’apprécie le sport en général, cela aide à se sentir à sa place ici.
Photos : Monaco Tribune









