Le Prince Albert II et la Princesse Caroline réunis pour un colloque historique sur les fresques du Palais de Monaco
Un colloque international réunit chercheurs et restaurateurs au Musée océanographique pour dresser le bilan de dix années de découvertes exceptionnelles.
Le Prince Albert II et la Princesse Caroline ont ouvert ce jeudi 19 mars un colloque scientifique de trois jours consacré aux fresques Renaissance du Palais Princier, au Musée océanographique de Monaco. Intitulé « Images d’une souveraineté de la Renaissance », ce rendez-vous pluridisciplinaire présidé par Dominique Vingtain, conservatrice générale du patrimoine et Directrice du Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP), rassemble chercheurs, historiens de l’art, conservateurs venus d’Italie, de France et d’Europe.


Dix ans de travaux, une aventure inattendue
Tout a commencé en 2013 par un simple chantier de réfection des façades de la Cour d’honneur. Personne ne soupçonnait alors la présence de peintures anciennes sous les couches de temps. C’est en 2015 que les premières couleurs sont apparues, révélant progressivement un ensemble monumental de fresques datant du XVIᵉ siècle, véritable allégorie peinte de l’histoire des Grimaldi.
En guise d’introduction, le Souverain a souligné l’importance de ce bilan d’étape : « Ces peintures ont beaucoup à vous dire. Les choix iconographiques de mes prédécesseurs, les Seigneurs monégasques du XVIᵉ siècle, ne sont pas innocents. » Il a également précisé que « les dernières phases de restauration devraient être achevées en 2028 ».
Un chantier pensé dans une logique durable
Christian Gautier, responsable du projet de conservation-restauration, a de son côté rappelé la feuille de route qui a guidé la réalisation du chantier, autour de trois piliers : la conservation préventive durable, la réduction des risques pour les œuvres comme pour l’environnement, et la transmission des connaissances scientifiques. « Ce projet n’a jamais été construit comme un chantier fermé. Il a été pensé comme un projet ouvert sur la recherche et sur la collaboration internationale », a-t-il insisté.



Parmi les innovations présentées lors de la deuxième journée figurent l’utilisation du laser pour le nettoyage des fresques – une technologie de précision qui évite le recours aux solvants chimiques — et la formulation d’aquarelles écoresponsables spécialement conçues pour la retouche picturale, en collaboration avec le CICRP de Marseille. « Ce mélange, que nous réalisons nous-même sans composants chimiques, nous permet d’améliorer la compatibilité avec la matière minérale », nous avait glissé la restauratrice Chloé Pasquier lors de notre visite des fresques. Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique et hôte du colloque, a salué « une démarche qui résonne naturellement avec les valeurs et les missions de l’Institut océanographique ».

Après avoir exploré le contexte de création des fresques, leur signification politique et symbolique, le colloque se poursuivra vendredi par le partage des méthodes de conservation et de restauration mises en œuvre. Les actes du colloque seront publiés dans un volume hors série des Annales Monégasques.









