Majestueusement érigé en plein cœur de la Principauté, le Casino de Monte-Carlo est incontestablement l’un des plus beaux casinos du monde. Il a été inauguré en 1865. L’homme à l’origine de sa construction est François Blanc, le fondateur de la Société des Bains de Mer (SBM).

Cet homme d’affaires originaire de Provence a été mandaté par le Prince Charles III de Monaco afin de rendre la Principauté plus attrayante pour les touristes comme pour les riches étrangers. Autour du Casino de Monte-Carlo sont érigés des hôtels (dont le célèbre Hôtel de Paris), ainsi que de villas ou encore des jardins (comme celui de la Place du Casino).

En 1878, la SBM fait appel à l’architecte français Charles Garnier pour concevoir une salle de concert attenante au casino, directement inspirée de l’Opéra de Paris. Après six mois de travaux jour et nuit, l’Opéra de Monte-Carlo est inauguré en janvier 1879. Le succès est immédiat et au vu de l’affluence, les salles de jeux du casino doivent être agrandies, de même que les terrasses et les jardins. En vingt ans, la Principauté devient connue et fréquentée par tout le gotha mondial : princes, princesses, empereurs, ducs et grandes fortunes se retrouvent pour jouer. Face au succès financier de Monaco, des campagnes contre « les agissements monstrueux de l’enfer monégasque » sont menées dans les pays voisins – où les jeux d’argent sont interdits.


Le Casino de Monte-Carlo dans la littérature : « Au milieu du village : un palais. Au milieu de la ville : un casino. Au palais règne un prince. Au casino règne un dieu : le Hasard », Sacha Guitry, Mémoire d’un tricheur, 1929.


Avec son style Belle Époque, le Casino de Monte-Carlo est composé de sept salles et salons de jeu dans lesquels se côtoient machines à sous et salons de jeux, ainsi que de nombreux salons privés ouverts pour les plus prestigieux clients. L’établissement possède également deux restaurants : le Salon rose, une brasserie chaleureuse, et le Train Bleu, un gastronomique n’ouvrant que le soir. Le Casino de Monte-Carlo offre un cadre idyllique, bordé de jardins et d’une incroyable terrasse donnant sur la Méditerranée.

L’établissement est connu pour sa somptueuse décoration faite de peintures, de moulures, de sculptures et de dorures à la main, mais également de vitraux retraçant l’histoire des Grimaldi. Certaines salles sont éclairées par des lustres monumentaux en cristal de bohème, pesant chacun plus de 150 kilos. Le bar et le plafond de la Salle Blanche sont agrémentés de mosaïques, tandis que les luminaires donnent l’impression d’être portés par d’imposantes cariatides. C’est dans cette même salle que l’on peut retrouver une peinture représentant trois courtisanes célèbres : Cleo de Merode, Liane de Pougy et la Belle Otero. Cette dernière, ruinée par ses faramineuses dépenses, finira d’ailleurs ses jours grâce à une pension versée par la SBM.

Ce lieu mythique et à l’architecture exceptionnelle a été plusieurs fois utilisé comme décor pour le cinéma. Depuis 1983 et le film Jamais plus jamais de la saga culte James Bond, trois autres tournages ont eu lieu au casino de Monte-Carlo. En 1995, GoldenEye, James Bond de Martin Campbell avec Pierce Brosnan a également vu ses scènes tournées dans le mythique casino monégasque. Tout comme le film Coco de Gad Elmaleh, en 2009, et Fast and Furious 5, en 2011.

Le saviez-vous ? Les Monégasques n’ont pas le droit de jouer au Casino de Monte-Carlo ni dans aucun autre casino de la Principauté. Cette interdiction tire son origine de Charles III, en raison des faibles revenus des Monégasques à cette époque, mais aussi pour éviter tout risque de fraude – les employés du casino étant eux aussi Monégasques – le Souverain leur a tout simplement interdit de prendre part aux jeux d’argent. Une interdiction stipulée dans la loi de 1987.