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Interview

Arthur Pucnik-Danty, ce jeune Monégasque qui raconte l’histoire de la Principauté à travers ses arrêts de bus

Les noms des 46 arrêts de bus de Monaco sont expliqués dans le podcast Monaco Buscast, créé par Arthur Pucnik-Danty © Compagnie des Autobus de Monaco
Les noms des 46 arrêts de bus de Monaco sont expliqués dans le podcast Monaco Buscast, créé par Arthur Pucnik-Danty © Compagnie des Autobus de Monaco

Arthur Pucnik-Danty a créé un podcast original qui dévoile le passé méconnu de Monaco, un arrêt de bus à la fois. Rencontre avec un passionné d’histoire qui transforme l’attente des usagers en voyage dans le temps.

Spélugues, Roqueville, Carmes, Biovès, Place des Moulins… Pour la plupart des usagers du réseau de bus monégasque, ces noms ne sont que des repères de trajet. Pour Arthur Pucnik-Danty, ils sont autant de portes d’entrée vers l’histoire de la Principauté. À tout juste dix-neuf ans, ce Monégasque aujourd’hui étudiant en première année de bachelor au collège universitaire de Sciences Po Paris a lancé Monaco Buscast, un podcast qui retrace, en capsules de une à deux minutes, l’origine et la mémoire enfouie derrière chacun des arrêts du réseau urbain.

Passionné d’histoire depuis l’enfance et grand arpenteur du réseau monégasque, il connaît pratiquement chaque station. Lorsqu’il était en première au lycée Albert-Ier, cette curiosité du quotidien s’est muée en projet de création. « Je m’intéresse de près aux transformations urbaines et historiques de la Principauté, confie celui qui se considère comme un amateur d’histoire et non un historien (ce qui n’est pas sans nous rappeler la formule du chroniqueur de l’AS Monaco, Norbert Siri). Tout comme la carte postale autrefois qui était à la fois un objet populaire et un mode de communication accessible à tous, le podcast m’a semblé un moyen efficace d’aujourd’hui pour inciter des personnes de toutes générations et de tous horizons à s’intéresser à la Principauté », poursuit Arthur.

Un « Métronome » monégasque dans les écouteurs

À l’image du Métronome de Lorant Deutsch, qui revisite Paris à travers ses stations de métro, Arthur Pucnik-Danty fait des noms de stations le fil conducteur d’un récit patrimonial accessible à tous. Quarante-six capsules sont déjà disponibles sur Spotify, pensées pour patienter tranquillement. « J’avais en tête l’usager du bus qui a quelques minutes devant lui. Grâce à son téléphone, en quelques secondes, il peut accéder à une information pertinente, qui va à l’essentiel. »

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© Mon Service Public

Le format court est un choix délibéré. « Je m’en tiens à deux minutes maximum par arrêt pour conserver la pleine attention de l’auditeur », précise-t-il. Le ton est volontairement dépouillé, sans prétention académique, mais nourri par des recherches minutieuses qui réservent leur lot de surprises. « Le Larvotto, par exemple, était un lieu marécageux, inhospitalier. Je l’ignorais totalement avant de faire mes recherches ! », s’étonne-t-il encore.

Les traces d’un monde disparu

Derrière les noms familiers se dessine un Monaco évanoui. La Place des Moulins raconte un passé difficile à deviner lorsqu’on s’y tient aujourd’hui : un hameau autrefois recouvert de nombreux moulins à eau ou à farine. « Les noms des arrêts de bus divulguent un monde qui a disparu mais qui a laissé une trace mémorielle qu’il faut absolument préserver », estime le jeune homme, collectionneur de cartes postales anciennes de la Principauté, qu’il scrute pour saisir les transformations du territoire.

Ce goût pour la transmission ne date pas de cette initiative Buscast. En 2022, Arthur Pucnik-Danty avait déjà été distingué lors du Red Touch Challenge, organisé par la Croix-Rouge monégasque, pour Lemon’Aid, un projet solidaire de collecte de fonds au profit de l’enfance en difficulté. L’expérience lui a appris à structurer une initiative, la défendre devant un jury, en maîtriser la communication. « C’est grâce à cette expérience que j’ai pu développer toutes les compétences qui m’ont beaucoup servi pour le Monaco Buscast », reconnaît-il.

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Du jingle au mixage, un apprentissage en autonomie

Tout, ou presque, a été fait seul : recherches, rédaction, enregistrement, création du jingle, mixage et montage. Le parcours n’a pas été linéaire. « À mesure que mon parcours scolaire avançait, j’avais de moins en moins de temps, et c’était très frustrant. Ce que j’avais fait au début ne me convenait plus un an plus tard. J’ai dû apprendre une certaine forme de patience. » Il a fallu apprendre à poser sa voix, trouver un rythme, accepter les imperfections.

La suite ? Une version anglaise est en préparation, pour élargir l’audience au-delà des francophones. Arthur caresse aussi un rêve : que des QR codes installés directement aux arrêts de bus permettent un jour aux usagers d’accéder au podcast sur place. En attendant, le jeune homme poursuit ses études en sciences humaines et sociales, sans avoir encore arrêté son parcours professionnel. Mais une certitude demeure : « Ce podcast s’inscrit dans ce que j’aime faire : créer, raconter, aider à diffuser le savoir et contribuer à préserver le patrimoine. »