Monaco et ses 78 000 actifs : cinq chiffres pour comprendre un marché du travail hors norme
L’Observatoire de l’Emploi 2025 de l’IMSEE dresse le portrait d’un marché du travail qui marque le pas après plusieurs années de records. Fin des grands chantiers, recul de l’intérim, éloignement des travailleurs : cinq chiffres éclairent les transformations en cours.
-1,3 % : le premier recul de l’emploi privé depuis le Covid
77 866 emplois sont recensés fin 2025, soit 510 de moins qu’un an auparavant. Ce repli s’explique par l’achèvement des grands chantiers de construction, qui entraîne une chute de l’intérim de 17,3 % : 1 350 postes perdus en un an. Le niveau global reste néanmoins le deuxième plus élevé jamais enregistré, et affiche +27,6 % sur dix ans.
90 % : la part du secteur privé dans l’emploi salarié
Là où l’emploi public représente 22,4 % des salariés en France, il ne dépasse pas 7,7 % en Principauté. Le privé concentre l’essentiel de la main-d’œuvre, dans des structures de moins de dix salariés en moyenne, et sur un marché orienté à 88 % vers les services.
27 % : la part des travailleurs résidant à Nice
Neuf salariés du privé sur dix travaillent à Monaco sans y habiter. Parmi eux, plus de 16 000 sont domiciliés à Nice, soit un travailleur sur quatre. La tendance à l’éloignement s’accentue : la part des résidents monégasques dans la main-d’œuvre privée a reculé de 3,2 points depuis 2017, pendant que celle des Alpes-Maritimes hors communes limitrophes progressait de 7,1 points.
1,7 % : la part des Monégasques dans la main-d’œuvre privée
Sur 59 724 salariés du secteur privé, seuls 1 011 sont de nationalité monégasque. Les Français dominent largement (61,6 %), suivis des Italiens (15 %) et des Portugais (6,8 %). Dans la Fonction publique, les nationaux sont mieux représentés, mais leur part recule aussi : de 29,9 % en 2016 à 23,2 % en 2025.
7 317 : le nombre de télétravailleurs, en hausse de 8 %
Introduit en 2016, le télétravail progresse chaque année. Il concerne désormais 7 317 salariés, majoritairement des femmes (51,6 %), alors que celles-ci ne représentent que 38,9 % de l’effectif global du privé. Un rééquilibrage silencieux, dans un territoire où la quasi-totalité de la main-d’œuvre est pendulaire.







