Le français Louis de Causans accuse son pays d’avoir écarté ses ancêtres de la succession monégasque. En compensation, il réclame une énorme somme d’argent à l’Etat français .

L’histoire provoque quelques remous dans le monde feutré du gotha et des têtes couronnées. Elle est pourtant bien connue de ceux qui s’intéressent à la principauté de Monaco. Elle remonte au premier quart du XXe siècle quand le prince Louis II, sans héritier légitime, adopte sa fille naturelle Charlotte, née en 1898 de ses amours avec une certaine Marie-Juliette Louvet. Devenu princesse, cette dernière épouse Pierre de Polignac et met au monde le futur Rainier III, père du prince Albert II.

Mais pour rendre cette succession légitime, il fallut entretemps modifier les règles. Menaçant d’annexer Monaco à la République, la France impose en effet que certaines clauses soient introduites dans le traité de Paris de 1918, qui définit les relations entre la France et Monaco…Car les anciennes règles codifiées par Jean Ier en 1454, n’imposent pas de condition de nationalité. Louis de Monaco n’ayant pas d’enfant légitime, la France s’inquiète alors que le titre de prince régnant puisse un jour échoir à un cousin allemand. En l’occurrence, Guillaume de Wurtemberg, descendant de la princesse Florestine de Monaco, duchesse d’Urach.

Guillaume de Wurtemberg renonce… pas la branche dont descend Louis de Causans

Le président français de l’époque, Raymond Poincaré, obtient gain de cause et l’allemand Guillaume finit par renoncer officiellement au trône monégasque, en 1924. Une autre branche de la maison Grimaldi entre alors dans la danse. Fils cadet d’Honoré III, le prince Joseph Grimaldi (1765-1816) a eu une fille prénommée Honorine. Elle est une aïeule, à la septième génération, de Louis de Causans. C’est au nom de cette filiation du côté maternel que se bat aujourd’hui le Français.

« La France est avant tout responsable. Nous n’en voulons absolument pas aux Grimaldi qui n’y peuvent rien. Nos familles se sont d’ailleurs rapprochées ces dernières années. Nous nous sommes vus quelques fois avec le prince Albert, et je serais très ennuyé que cette procédure lui nuise. Cette dernière ne vise que l’État français. », tient à préciser ce dernier.

En attendant, son avocat réclame… 351 millions d’euros de dédommagement à la France.