Suite à l’assemblée générale des actionnaires de la Société des Bains de Mer (SBM) qui gère le Casino de Monte Carlo, l’information a été révélée confidentiellement à la presse : en 2016, un joueur du casino de Monaco a perdu trois millions d’euros en seulement une heure ; l’établissement lui a prêté de l’argent pour qu’il continue à jouer.

On connaît plutôt les cas de gros gagnants au casino, mais rarement les gros perdants. Et pourtant, il y a fort à parier que celui-là restera dans les annales un certain temps. En effet, le joueur ayant perdu sur ses fonds propres un premier million, le Casino de Monte Carlo lui a donc octroyé un prêt de deux millions pour lui permettre de garder la table. Malheureusement, cette somme a été dilapidé dans l’heure ; il a donc fait gagner trois millions au casino, soit 50 000 euros par minute.

Cette possibilité de prêt aux joueurs manquant de fonds a été développée par la SBM pour développer son chiffre d’affaires. Le caractère par nature aléatoire des jeux font que quand les joueurs gagnent, la SBM perd, et vice-versa.

En l’occurrence, en incitant ses clients à jouer via des prêts, la SBM a vu son chiffre d’affaires progresser de 16%, ce qui, d’après les propos du directeur, Pascal Camia, permet de donner une nouvelle impulsion à tous les établissements de jeux, et développer l’activité des jeux de table. Cette politique est d’ailleurs assez courante : il arrive que les casinos fassent des avances, des crédits ou des prêts à certains de leurs gros clients, pour leur permettre de continuer de jouer.

Mais une question subsiste néanmoins : quid du remboursement du prêt ?  En droit monégasque, l’article 1804 du Code Civil dispose : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari ».