Débordés par les casseurs lors de la manifestation du 1er décembre, les « gilets jaunes » ne renoncent pas à leurs revendications. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi prochain. De son côté, le gouvernement veut « maintenir le cap ».

L’Acte III de la mobilisation nationale des « gilets jaunes » a viré à l’émeute samedi 1er décembre dans Paris. Arc de Triomphe vandalisé, voitures incendiées, banques saccagées, magasins pillés, les scènes de chaos se sont répétées en divers endroits de la capitale. Le dernier bilan fait état de 412 personnes arrêtées à Paris et de 263 personnes blessées, dont l’une très sérieusement.

D’autres manifestations et blocages ailleurs en France ont été émaillés par des échauffourées, notamment à Marseille, Toulouse, Dijon ou Bordeaux. Au Puy-en-Velay, la préfecture a même été incendiée. 136 000 personnes ont participé à la manifestation sur le territoire, selon le ministère de l’Intérieur.

Le chef de l’État sous pression

Sous pression, Emmanuel Macron n’a toujours pas pris la parole et cherche une sortie à la crise. Alors que des « gilets jaunes » appellent à une nouvelle journée de mobilisation samedi prochain, le président de la République a chargé son Premier ministre de recevoir à Matignon, ce lundi 3 décembre, l’ensemble des partis d’opposition. Dès le lendemain, mardi 4 décembre, Édouard Philippe devrait recevoir des représentants des « gilets jaunes » même si certains ont déjà annulé ce rendez-vous…

Pour l’heure, l’Élysée écarte l’hypothèse d’un recours à l’état d’urgence comme le réclament des syndicats policiers. Il réfute également l’idée de dissoudre l’Assemblée nationale, préférant insister sur un ajustement de « méthode », mais refusant tout « changement de cap ». Pourtant, au sein même de la – large – majorité présidentielle, des fissures apparaissent. Des députés LREM appellent ainsi à un moratoire sur la hausse de la taxe carbone. D’autres demandent une réflexion sur l’impôt de solidarité sur la fortune.

Quelle sera la réponse d’Emmanuel Macron à cette crise partie d’une banale augmentation des taxes sur les carburants et débouchant en mille revendications sur une presque débandade étatique ? Et quand interviendra-t-elle ? À cet égard, la semaine sera décisive. Ce lundi, plusieurs centaines d’ambulanciers réclamant la suspension d’une réforme du financement des transports sanitaires, ont bloqué la place de la Concorde à Paris. Au même moment, plus d’une centaine de lycées, dont certains s’inscrivent en soutien des « gilets jaunes », étaient bloqués par un mouvement de protestation contre les réformes dans l’Éducation.

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