Ligue 1 : l’AS Monaco rejoint à la 90ᵉ par Toulouse, le rêve européen s’éloigne
Largement maîtres du sujet en première période et pourtant rejoints à la 90ᵉ minute, les Rouge et Blanc repartent du Stadium avec un seul point face à Toulouse (2-2). Un troisième match sans victoire qui éloigne dangereusement le rêve européen.
Tout avait pourtant débuté de la meilleure des manières pour les hommes de Sébastien Pocognoli, accompagnés par près de 350 supporters monégasques massés dans le parcage visiteurs. Reconduit dans son 3-4-2-1, le coach belge avait retrouvé Lamine Camara au cœur du jeu aux côtés de Denis Zakaria, capitaine remonté d’un cran, tandis que Christian Mawissa basculait dans l’axe gauche de la défense à trois.
Dès la 6ᵉ minute, sur un corner consécutif à une frappe d’Akliouche détournée par Restes, Jordan Teze surgissait au second poteau pour ouvrir le score d’un coup de tête imparable : son premier but en Ligue 1 depuis le début de la saison. Douze minutes plus tard, Lamine Camara s’offrait à son tour sa première réalisation dans l’élite d’une superbe frappe enroulée du droit en pleine lucarne, sur une passe entre les lignes signée Akliouche (18ᵉ). Un véritable bijou. Ansu Fati frôlait même le break en grattant le poteau (27ᵉ). Lukáš Hrádecký repoussait de son côté sans trembler les premières offensives toulousaines.
Le scénario bascule
Au retour des vestiaires, le rythme retombe, l’équipe recule, et Toulouse, jusque-là en manque d’inspiration, finit par profiter de cette baisse de régime. À la 60ᵉ, Jacen Russell-Rowe reprend un centre de Dayann Methalie. Les Toulousains sentent le coup, gagnent en dangerosité sur coup de pied arrêté, et Hrádecký doit s’employer pour écarter un piqué de Cresswell sur sa ligne (74ᵉ).
Le money time tourne au cauchemar. Zakaria croit délivrer les siens d’une superbe reprise acrobatique, miraculeusement détournée par Restes (89ᵉ). Sur l’action suivante, Cresswell prolonge un nouveau centre et Emersonn, entré en jeu, ajuste Hrádecký à bout portant pour arracher l’égalisation (90ᵉ).


Pocognoli : « Pas de la colère, mais de la déception »
« De la déception ! Je ne veux pas dire de la colère, parce que cela voudrait dire que l’on perd le contrôle, mais je suis assez objectif sur cette performance », a analysé le coach belge sur un air de déjà vu au micro d’après-match tout en reconnaissant une entame de très haut niveau : « Le point positif, c’est qu’on a bien commencé cette fois, avec 30 minutes de très grande qualité, les meilleures depuis longtemps je pense. On est restés fidèles au plan de jeu. Puis on a peu à peu cessé de jouer au football, et on a perdu en intensité dans ce qui faisait notre force au départ. »
Au-delà du résultat, c’est la régularité sur 90 minutes qui inquiète l’entraîneur. « Pourquoi sommes-nous si inconstants ? Notre approche mentale du match ne correspond parfois pas à ce que je veux. C’est quelque chose que je dois maîtriser pour ces trois derniers matchs », a insisté le coach des Rouge et Blanc, qui veut croire encore à la quatrième place, « même si cela va être très difficile ».


Camara, lucide en zone mixte
Buteur mais reparti bredouille, Lamine Camara a livré sa propre lecture de la rencontre, sur la même longueur d’onde que son entraîneur. « Il y a beaucoup de frustration parce qu’on mène 2-0 à la mi-temps et qu’on finit à 2-2. Tout le monde doit être déçu, c’était un match à gagner », a confié le milieu international. « Après les vingt premières minutes, les Toulousains ont eu leur temps fort. On a arrêté de jouer, on défendait parce qu’on pensait que c’était la meilleure solution. On n’a pas bien respecté les consignes du coach, et ça nous a coûté cher. »
Reste à transformer la frustration en énergie. « Le championnat n’est pas encore fini, il reste trois matchs et en les gagnant, tout peut arriver », a relancé le Sénégalais. La semaine prochaine, l’AS Monaco se déplace à Metz, déjà condamné à la Ligue 2. Sur le papier, l’occasion idéale de relancer la machine à condition, cette fois, de garder la même intensité sur les 90 minutes.







