C’était attendu : dans le cadre de la loi relative à l’aide à la famille, les femmes monégasques vont bénéficier du statut de chef de foyer. Mais, pour l’instant, seules les fonctionnaires et agents de l’État et de la commune peuvent y prétendre.

Dès janvier, les femmes fonctionnaires et agents de l’État et de la commune pourront obtenir, si elles le souhaitent, le statut de « chef de foyer ». Ainsi en ont décidé les conseillers nationaux qui ont voté cette semaine le projet de loi relatif à l’aide à la famille. Un statut qui permettra aux femmes concernées de bénéficier des allocations familiales et d’une couverture maladie pour leur ayants droit.

Une victoire pour Didier Gamerdinger, le ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui veut mettre un terme aux discriminations fondées sur le sexe. Jusqu’à présent à Monaco, seul l’homme du foyer – sauf s’il n’exerçait aucune activité professionnelle – pouvait faire bénéficier ses ayants droit des allocations familiales.

530 femmes concernées

Environ 530 femmes sont touchées par cette réforme. Si elle concerne également les résidentes de Monaco, son application devrait cependant se réduire aux fonctionnaires, quasiment toutes de nationalité monégasque, quand la plupart des agents de l’État et de la commune sont des Françaises résidant en France. Alors, à quand son extension à l’ensemble des salariés monégasques ? Une mesure déjà réclamée par certains conseillers nationaux. Le gouvernement n’y est pas opposé mais fait remarquer qu’une telle extension nécessite de renégocier la Convention franco-monégasque portant sur la sécurité sociale. Et il ne veut pas le faire avant d’avoir obtenu un « accord d’association » avec Bruxelles. Il demande donc du temps.

Stéphane Valeri, le président du Conseil national, ne l’entend pas forcément de cette oreille : « Nous souhaitons que les salariées ne demeurent pas les oubliées de cette avancée vers l’égalité. C’est pourquoi le gouvernement devrait démarrer sans délai la renégociation de la convention bilatérale de sécurité sociale avec la France. » Affaire à suivre.