La propriétaire du palace niçois Le Negresco s’est éteinte le 8 janvier dernier. Une disparition qui risque fort de servir de catalyseur sur le problème délicat de la succession. Problème qui se posait déjà depuis quelques années et qui devrait donner lieu à une bataille judiciaire.

Le décès d’une propriétaire haute en couleurs

Elle était âgée de 95 ans, et atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis de nombreuses années. Mais ce qu’on retiendra de Jeanne Augier, c’est un destin entremêlé à celui du Negresco, l’hôtel de luxe de la Promenade des Anglais dont elle hérita en 1957. Ce palace, elle le dirigea avec poigne pendant des décennies, avec ce qu’on pourrait appeler des méthodes de management de l’ancienne école. Jeanne Augier était aussi connue comme collectionneuse d’art. Entre l’hôtel et des milliers d’œuvres d’art, le patrimoine qu’elle laisse derrière elle est tout simplement colossal. Le Negresco à lui seul pourrait valoir près de 400 millions d’euros.

Les incertitudes de la succession

En 2013, suite aux problèmes de santé de la propriétaire, le palace de Nice avait été placé sous administration judiciaire. En 2017, le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre saisissait le tribunal de commerce afin de préparer la succession. Une intervention qui avait à l’époque déclenché la méfiance et la colère des salariés qui voyaient là les premières étapes de la vente du Negresco.  Les bureaux de Jean-Michel Prêtre ont été perquisitionnés le 19 décembre dernier. L’enquête est en cours du côté du parquet national financier pour déterminer si le dossier d’un repreneur aurait pu être favorisé par le procureur.