L’affaire d’escroquerie et de complicité de blanchiment reprochée au marchand d’art Yves Bouvier, instruite par le juge Morgan Raymond, a été annulée par la Chambre du Conseil de la Cour d’appel de Monaco. Une procédure est parallèlement en cours contre le marchand d’art à Genève. L’homme d’affaires est accusé d’avoir escroqué l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev pour un montant d’1 milliard d’euros.

C’est un énième rebondissement dans une des affaires concernant le marchand d’art suisse Yves Bouvier. La cour d’appel de Monaco a annulé la procédure initiée en 2015, a-t-on appris aujourd’hui. Cette procédure provenait d’une plainte pour escroquerie et de complicité de blanchiment déposée par le président de l’AS Monaco Dmitri Rybolovlev contre Yves Bouvier et Tania Rappo.

« La Cour d’appel n’était appelée à se prononcer que sur un point : la validité procédurale des investigations, des arrestations et des inculpations ayant eu lieu dans le cadre de l’instruction diligentée contre Yves Bouvier et Tania Rappo » ont précisé Me Hervé Temime et Me Thomas Giaccardi, les avocats de Dmitri Rybolovlev. Le président de l’AS Monaco accuse en effet son ancien consultant en art de l’avoir escroqué pour un montant d’un milliard de dollars, pratiquant, selon lui, des marges exorbitantes. En revanche, pour l’avocat du marchand d’art, Franck Michel, « Tout a été fait pour créer artificiellement une compétence à Monaco: M. Rybolovlev voulait le procès ici parce qu’il pensait gagner ».

Entre 2003 et 2015, Yves Bouvier était chargé d’acheter des toiles de maîtres afin de fournir à l’oligarque une collection de chefs d’œuvre, de Van Gogh, de Picasso, de Modigliani, de Matisse, et le fameux Salvator Mundi de Léonard de Vinci, revendu depuis au prix de 450 millions de dollars, devenant ainsi « le tableau le plus cher du monde ».

D’autres instructions sont en cours, notamment à Paris, Singapour, New York, et Genève. En Suisse, une procédure pénale vise Yves Bouvier, accusé d’avoir escroqué Dmitri Rybolovlev au sujet de 38 transactions financières. Selon les avocats de ce dernier, le marchand aurait d’abord négocié les oeuvres pour son propre compte avant de les revendre à un prix très supérieur. « Dupées par ce stratagème frauduleux, les sociétés de la famille Rybolovlev lui ont versé, pendant plus de dix ans, des centaines de millions d’euros indus », affirment les avocats du milliardaire russe.

A Monaco, la décision de la Cour d’appel n’est pas définitive et les avocats de Dmitri Rybolovlev s’apprêtent à former un pourvoi devant la Cour de révision de la principauté, l’équivalent de la Cour de cassation en France.