Après un mois de confinement, la sortie se précise petit à petit. Même si la bataille contre la pandémie liée au Covid-19 est loin d’être gagnée, l’espoir renaît doucement et avec lui, pour certains, l’envie d’un nouveau monde. Changer nos modes de pensée, nos fonctionnements économiques, revoir nos priorités, faire (enfin) de la préservation de l’environnement l’objectif premier, être plus solidaire, prendre du temps pour soi… Le confinement peut donner lieu à bien des envies.

 

« C’est une période durant laquelle on a le temps de penser à nous »

Le Docteur Nicolas-Marie Delrue, psychologue installé depuis deux ans au Cap d’Ail, confirme : « C’est une période durant laquelle on a le temps de penser à nous. On peut en profiter alors pour prendre des décisions sur les choses qui ne nous conviennent plus. Mais attention il ne faut pas se sentir coupable, ne pas se mettre la pression si on n’arrive pas à tenir cet engagement une fois le confinement terminé. »

Hors de question de se rajouter de la pression, dans cette période déjà compliquée pour chacun. « Avec cette distance, il y a une volonté partagée par tous de revoir notre système afin de vivre plus posément. Mais est-ce que cela se fera ? » s’interroge le psychologue.

L’après-Covid : une nouvelle source d’angoisse ?

Bien malin sera celui qui peut d’ores-et-déjà répondre à cette question. En revanche, certaines réactions individuelles avec la fin du confinement peuvent s’appréhender. Pour le Docteur Nicolas-Marie Delrue, « ce moment peut être une nouvelle source d’angoisse. Comment faire face au danger ? Va-t-on retrouver ses capacités de travail ? Par ailleurs, le confinement peut également avoir causé un véritable traumatisme… Si en plus notre charge de travail explose à notre retour, ce moment pourra être difficile et accroitre le risque de burn-out. »

Cependant, le psychologue du Cap d’Ail tempère : la fin du confinement peut aussi avoir des effets positifs comme la liberté retrouvée, la perte de l’ennui, cette sensation d’être de nouveau utile. Mais nous n’en sommes pas là.

Cinq niveaux psychologiques

Pendant ce temps de confinement, bien qu’étant une situation unique dans notre société, apparaissent cinq niveaux psychologiques, selon quelques récentes études. Après la panique et l’angoisse liées à l’annonce, il y a eu la période de l’adaptation durant laquelle on a mis en place un nouveau fonctionnement. Puis est venue la phase dite de survie. Le docteur Delrue explique : « Il fallait alors tenir sur la longueur, et une certaine lassitude est apparue. Mais avec l’annonce d’une date de sortie, on entame la 4e phase, on rentre dans l’acceptation, l’apaisement. Et la 5e phase aura lieu environ une semaine avant la sortie du confinement, ça sera une étape de soulagement. »

« Il faut prendre conscience de ses émotions et les extérioriser »

Et pour surmonter au mieux ces étapes, il existe quelques outils. « Tout d’abord, il faut prendre conscience de ses émotions et les extérioriser, les exprimer une fois par jour et ce malgré la famille, les aléas, le télétravail etc… Maintenir également l’angoisse à un niveau supportable. Pour cela, je conseille de créer des plannings, de conserver son rythme « d’avant » le plus possible. Et continuer une activité physique, marcher, s’aérer comme on peut. Enfin, prendre de la distance avec les informations. Ecouter les points princiers est bien suffisant, pas la peine de passer ses journées à regarder les chaînes d’info en continu. »

En attendant le retour des jours meilleurs et peut-être le début d’une nouvelle vie.

  • Cellule d’écoute anonyme et de parole pour soutenir les résidents de la Principauté : En cas de détresse psychique ou de besoin de parler composez le 92 05 55 00.
  • Pour le soutien psychologique en France, composez le numéro vert 0 800 130 000.

Claire Guillou