Selon le Conseil d’analyse économique (CAE), le confinement a été marqué par des dynamiques de consommation et d’épargne disparates entre les foyers français les plus aisés et les plus modestes.

Une importante chute de la consommation a pu être observée lors du confinement. Qu’il s’agisse de biens durables (automobile, meubles, électroménager, électronique) ou de biens « qui requièrent des interactions sociales » (cinéma, spectacles, concerts, musées…), cette baisse a été constatée dans tous les foyers. Néanmoins, la consommation de biens durables, dont l’achat peut être différé, a connu un rebond dès le mois de mai. Ce qui est loin d’être le cas pour le deuxième type de biens, dont la consommation est difficilement substituable entre périodes.

Une accumulation d’épargne très inégale

Selon les observations du CAE réalisées à partir de l’étude des données bancaires, la période récente est caractérisée par un « surcroît des épargnes » de l’ordre de près de 50 milliards d’euros en plus rapport à la tendance pré‐Covid-19. Une accumulation d’épargne cependant très inégale, puisque selon l’instance, près de 70 % du surcroît de l’épargne se concentre sur 20 % des ménages les plus aisés.

Cela s’explique par le fait que durant le confinement, la consommation de ces ménages a connu une forte diminution, y compris en matière de bien non essentiels (comme les sorties culturelles, musicales…). Consommation qui continue d’ailleurs d’être « en retrait », bien après le confinement. De part cette baisse et des revenus plus élevés, les foyers aisés ont plus épargné et diminué leur endettement, tandis que l’inverse a été observé du côté des ménages les plus modestes.

À ce sujet, le CAE estime d’ailleurs « qu’un soutien beaucoup plus franc aux ménages les plus modestes, plus exposés aux conséquences économiques des mesures sanitaires, va très rapidement s’avérer nécessaire ».