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Récit

Il profite du Grand Prix sur un yacht sans payer : la justice le rattrape

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La billetterie pour la 81e édition du Grand Prix de Monaco est ouverte (Photo © Automobile Club de Monaco)

L’homme au casier bien rempli a écopé d’un an de prison ferme.

Arrivé au Palais de justice menotté et escorté de deux policiers pénitentiaires, le trentenaire est en pleine désillusion après s’être octroyé une journée de rêve, le dimanche du Grand Prix de Monaco, sur un yacht amarré sur le Port Hercule en compagnie de cinq de ses proches. Jugé en comparution immédiate, ce Beausoleillois est poursuivi pour escroquerie.

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Tout a commencé par un dépôt de plainte, début juillet, d’une société d’événementiel à Monaco, dénonçant un client mauvais payeur qui aurait profité de ses services sans débourser le moindre centime. Selon le président du tribunal correctionnel, les deux hommes se connaissaient vaguement pour avoir travaillé dans le même immeuble en Principauté.

De faux documents bancaires

Le prévenu, dans le secteur de l’immobilier, a donc présenté pour prouver qu’un virement était en cours, un faux document bancaire, accompagné d’un faux mail signé du banquier. Or le virement n’a jamais été reçu par la société. Lorsque la police l’interpelle, l’homme reconnaît qu’il n’a pas payé et que le mail envoyé était faux. Il affirme cependant que les ordres de virement sont vrais et qu’il avait l’intention de régler la somme.

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« Je voulais effectuer le virement mais la banque a clôturé mes comptes. Je voulais juste gagner du temps mais j’allais payer. Vous savez, j’ai beaucoup de problèmes en ce moment, ma maman est très malade », affirme-t-il dans le box, lors de l’audience le 17 juillet dernier au cours de laquelle il est également poursuivi pour avoir transmis une fausse preuve de virement pour une location de bail.

Le procureur prend la parole : « lorsque l’on écoute monsieur, on serait presque convaincu que ce sont les banques et la justice qui ne sont pas fiables. Mais son discours est enflé de mensonges et de mauvaise foi. Il est clair, monsieur a escroqué deux victimes par le même mode opératoire : la production de faux documents. Il dit aujourd’hui qu’il voulait payer, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Il aurait pu se mettre en règle avant son incarcération et même le temps de sa détention provisoire, via son avocat ou son père dont il est proche par exemple. » Le prévenu indiquera avoir donné via son père, la somme de 1 300 euros en espèces.

18 mois de prison ferme requis

Le ministère public rappelle également le lourd passé judiciaire du prévenu. Abus de confiance, vol, conduite sous stupéfiants, faux et usage de faux, escroquerie, banqueroute, conduite sans permis, dénonciations calomnieuses… La liste de ses condamnations en France en Suisse est longue, et c’est ce qui lui vaudra sans doute une peine plus stricte. « C’est un escroc dans d’autres pays européens et il a déjà été averti à plusieurs reprises », s’agace le parquet qui requiert pour les deux infractions, 18 mois de prison ferme.

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« L’important est que la victime soit indemnisée, insiste l’avocat de la défense. Une peine de sursis avec liberté d’épreuve me semble juste. Beaucoup d’investigations à charge ont été menées précipitamment dans ce dossier. De plus, mon client a déjà commencé à payer et reconnaît un partie des faits qui lui sont reprochés. Je vous demande la plus grande clémence, sa mère est en fin de vie, j’espère qu’il pourra être à ses côtés »

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Un souhait qui n’a pas trouvé un écho favorable auprès du tribunal qui a décidé que l’homme retournerait en prison pour purger une peine d’un an ferme. Il devra également verser à titre de dommages-intérêts la somme de 27 000 euros à la partie civile.