Brève

Protection des mineurs sur les réseaux sociaux : Monaco face aux enjeux du numérique

L'Assemblée nationale française a adopté en première lecture l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans © Johnny Cohen - Unsplash
L'Assemblée nationale française a adopté en première lecture l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans © Johnny Cohen - Unsplash

Alors que la France progresse vers l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le débat de l’impact du numérique pourrait s’inviter prochainement en Principauté.

L’Assemblée nationale française a adopté lundi 26 janvier, en première lecture, une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Porté par la députée Laure Miller, ce texte fait suite aux travaux d’une commission d’enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les jeunes.

Le rapport préconise notamment de mieux encadrer les plateformes, de renforcer la vérification d’âge et de réguler les revenus des créateurs de contenus. Soutenue par Emmanuel Macron, la mesure entrerait en vigueur dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, avec une vérification d’âge généralisée au 1er janvier 2027. Les plateformes contrevenantes risqueraient des sanctions allant jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires mondial.

Des mineurs surexposés aux contenus inappropriés

La protection des jeunes face au numérique constitue un défi majeur. Interrogé par TVMonaco à l’occasion d’un reportage, un expert pointe les failles du système actuel : « La vérification d’âge n’est pas faite correctement. Les réseaux sociaux sont réservés aux plus de 13 ans, or nous savons très bien que de nombreux enfants de moins de 13 ans y sont présents, certains y passent beaucoup de temps. Parfois même ils dépensent de l’argent. Ils sont exposés à des contenus qui ne sont clairement pas appropriés pour eux, du point de vue de la maturité émotionnelle ou si le contenu est de nature sexuelle. »

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La question de la régulation des réseaux sociaux concerne également Monaco, où l’usage numérique est très présent chez les jeunes. Selon une enquête ESPAD menée en 2024, près de 64 % des lycéens monégasques passent entre deux et cinq heures par jour sur les réseaux sociaux. Depuis la rentrée 2025, Monaco interdit déjà les smartphones du CM2 au lycée pour lutter contre l’addiction et le cyberharcèlement.

Vérification d’âge systématique, portail unique de signalement, encadrement strict des influenceurs… parmi les 78 mesures du rapport français, dix devraient rapidement entrer en vigueur. Autant de propositions que Monaco pourrait adapter à son échelle, en s’appuyant sur ses régulateurs et la coopération européenne.