Critique

Monaco Art Week : cinq œuvres à ne pas manquer dans les galeries de la Principauté

Hameau sous la neige, de Frits Thaulow © Collection particulière - HVMC
Hameau sous la neige, de Frits Thaulow © Collection particulière - HVMC

La rédaction de Monaco Tribune s’est prêtée au jeu du parcours artistique à travers la Principauté et vous livre la sélection qui a arrêté son pas.

Frits Thaulow, le silence de l’hiver nordique

Hameau sous la neige, de Frits Thaulow © Collection particulière - HVMC
© Collection particulière – HVMC

À l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo, une huile sur toile de Frits Thaulow (1847-1906) capte le regard. Rivière et maisons sous la neige est signée du maître norvégien, considéré comme l’un des plus grands paysagistes scandinaves de la fin du XIXe siècle. Formé à Copenhague puis à Paris où il fréquenta les impressionnistes, Thaulow s’est fait une spécialité des scènes hivernales et des cours d’eau, qu’il restituait avec une maîtrise incomparable des reflets et de la lumière rasante sur la neige. Un morceau de sérénité nordique au cœur du port Hercule.

Olga Sinclair, le mouvement en transparence

© Alice Bensi

À la Kamil Art Gallery, la Panaméenne Olga Sinclair expose de nouveau en Principauté. Fille du peintre abstrait Alfredo Sinclair et ambassadrice culturelle du Panama, elle déploie une peinture aux tonalités profondes. « Après trois jours passés à regarder Netflix, j’ai ressenti une pulsion, une frénésie qui m’ont poussé à créer en réaction à cette passivité », raconte la peintre face à cette toile abstraite aux nuances de rouges.

Christo, le rêve inachevé d’Over the River

© Christo and Jeanne Claude Foundation

Chez Adriano Ribolzi, la galerie consacre une exposition inédite à Christo à partir de pièces de la collection personnelle de son neveu Vladimir Yavachev. On y découvre les maquettes et dessins préparatoires d’Over the River, un projet titanesque jamais réalisé : des panneaux de tissu argenté tendus au-dessus de la rivière Arkansas dans le Colorado. Un témoignage rare de l’ambition sans limites de l’artiste bulgare disparu en 2020.

Publicité »

Ron Arad, quand le design devient sculpture

© Ron Arad Studio

À l’Opéra Gallery, une rétrospective Ron Arad offre un panorama de l’œuvre du designer et artiste israélien, célèbre pour ses fauteuils en acier et ses formes organiques en résine qui défient la frontière entre objet fonctionnel et sculpture. Assis sur son fauteuil Big E, tablette tactile en main pour faire défiler les étapes de ses création, l’artiste nous a incité avec une pointe d’humour à s’asseoir sur ses oeuvres. Ses pièces, éditées en séries limitées, figurent également dans les collections permanentes du MoMA, du Centre Pompidou et du Victoria & Albert Museum. Un parcours qui interroge notre rapport à l’objet du quotidien.

Victor Brauner, l’inventeur de la peinture à la cire

© Damien Perronnet – Blok Design Group

Enfin, chez M.F. Toninelli Art Moderne, un tableau de Victor Brauner mérite qu’on s’y attarde : La Coupe des cent-vint dispositions érotomagiques. Le peintre roumain, figure majeure du surréalisme, a révolutionné sa pratique dans les années 1940 en développant la peinture à la cire (encaustique), une technique qui confère à ses toiles des textures mates et des profondeurs oniriques impossibles à obtenir à l’huile. Sa composition, évocatrice de l’image d’un boxeur, rappelle le bras de fer auquel il se livrait avec André Breton dans le mouvement surréaliste.

La Monaco Art Week se poursuit jusqu’au 1er mai. Accès libre. Programme complet sur monaco-artweek.com.

Publicité »