Depuis le 29 juin 2018 et jusqu’au 6 janvier 2019, la Villa Paloma, un des deux établissements du nouveau musée national de Monaco, consacre une rétrospective à l’artiste américain de Pop Art, Tom Wesselmann.

Monstre sacré du Pop Art, son nom est pourtant beaucoup moins connu du grand public que celui de ses deux illustres contemporains, Roy Lichtenstein et Andy Warhol. C’est donc un choix audacieux effectué par la Villa Paloma. L’établissement du nouveau musée national de Monaco consacre, jusqu’au 6 janvier 2019, une superbe rétrospective au travail de l’Américain Tom Wesselmann (1931-2004). Vingt-cinq œuvres, sculptures, peintures et dessins jalonnent ici un parcours centré sur la vision créatrice de cet artiste éclectique – il fut également un compositeur de musique country. Une vision tenant toute entière dans le titre très stendhalien choisi pour cette exposition : « La promesse du bonheur ».

La profondeur de l’oeuvre de Tom Wesselmann

A cette « promesse du bonheur » prenant souvent la forme d’un corps de femme, il a été reproché une approche restrictive, niant le sujet pour ne retenir que l’objet. L’artiste s’est en effet rendu célèbre dans les années 60 avec ses nus féminins : femmes lascives, souvent privée de tête, qu’il décline à l’envie dans ses « Great American Nudes ».  Mais l’exposition de la villa Paloma nuance énormément cette critique en offrant à cette œuvre originale suffisamment de perspective pour en explorer toute la profondeur.

L’argument développé par les commissaires de l’exposition est que l’art de Wesselmann est une image de la société d’après-guerre. Une société qui expérimente dans l’opulence des Trente Glorieuses, les joies nouvelles de la consommation : celles des biens matériels comme celles des corps… La scénographie s’attache ainsi, tout au long du parcours, à développer des équivalences artistiques entre la libération sexuelle et la vitalité d’après-guerre.

Sur le plan formel, on découvre des subtilités insoupçonnées. L’artiste découpe ses toiles pour ne laisser apparaître que certains détails, comme un sein en plein air oblitérant le reste du corps de sa créature. Sa peinture s’apparente alors à de la sculpture. Mais Wesselmann fut aussi un peintre érudit, inscrivant ses travaux dans la grande histoire de l’art. Ses clins d’œil à Ingres, à Matisse ou à Fernand Léger sont des régals pour l’esprit.

Tom Wesselmann, La Promesse du Bonheur – Villa Paloma – jusqu’au 6 janvier.