Les médiations tentées par le gouvernement et les annonces du président de la République n’ont pas calmé la colère des « gilets jaunes ». Le mouvement se poursuit.

Après la journée de samedi dernier, dont les images de violences ont fait le tour du monde, l’acte III de la mobilisation contre la hausse des prix du carburant aura bien lieu. Un groupe Facebook, lié au mouvement des « gilets jaunes », a mis en ligne un événement prévu le 1er décembre sur les Champs-Elysées. Il s’agit d’obtenir d’Emmanuel Macron « plus de pouvoir d’achat« , « l’annulation des taxes sur les carburants« , voire même d’exiger sa « démission ».

Un doute a d’abord plané sur la tenue d’un tel événement en raison, notamment, de dissensions au sein d’un mouvement qui peine à se donner des têtes d’affiche. Mais le gouvernement français a, semble-t-il, remis tout le monde d’accord. Reçus dans la soirée du 27 novembre par le ministre de la Transition écologique et solidaire, les deux porte-paroles des « gilets jaunes » n’ont pas ressenti « de réelle volonté d’améliorer le sort des gens ».

Macron annonce un plan pluriannuel de l’énergie

C’est le chef de l’Etat qui a demandé à François de Rugy de recevoir ces représentants après avoir présenté, hier à la mi-journée, sa Programmation pluriannuelle de l’énergie et fixer « le cap de la transition énergétique pour les prochaines décennies ». Sans renoncer à la taxe carbone, le président a annoncé un ajustement des taxes sur les carburants en fonction des prix du marché. Emmanuel Macron a également déclaré vouloir, dans les trois mois, « une grande concertation dans les territoires sur la transition écologique et sociale » à laquelle les « gilets jaunes » pourront participer. Sans surprise, ces annonces n’ont pas calmé la fronde qui continue de s’exprimer sur le terrain où les blocages filtrants se poursuivent.

Samedi 24 novembre, « l’Acte II de la mobilisation », déjà sur les Champs-Elysées, a pourtant semblé s’essouffler. 106 301 « gilets jaunes » ont été recensés dans toute la France, dont seulement 8 000 à Paris, contre 282 710 au total une semaine plus tôt, selon les seuls chiffres officiels provenant du ministère de l’Intérieur. En plein cœur de la capitale, des casseurs issus de mouvements radicaux ont mis les Champs-Elysées – inexplicablement ouverts au public – sens dessus dessous. De quoi jeter l’opprobre sur un mouvement qui continue cependant à recevoir le soutien d’une large majorité de la population française.