Un navire de croisière condamné pour pollution

Un navire de croisière condamné pour pollution

C’est une première en France : un navire de croisière vient d’être condamné à 100 000 euros d’amende pour pollution de l’air, par le tribunal correctionnel de Marseille. Un jugement qui en appellera d’autres ?

Jusqu’à présent, les navires de croisière voguaient sur les mers sans impunité, faisant escale dans des cités portuaires en relâchant quantité de fumées toxiques. Ces géants des mers utilisent en effet du fioul lourd, peu raffiné, aux teneurs en oxyde de soufre élevées (1 500 fois plus que celles du diesel des voitures). Les chiffres sont d’ailleurs édifiants : un tel navire consomme en moyenne jusqu’à 2 000 litres de fioul par heure en mer et… 700 litres, rien qu’en restant à quai. Soit l’équivalence d’une pollution émise par un million de voitures. L’université de Rostock, en Allemagne, estime ainsi que les émissions de ce type de bateau, provoquerait chaque année 60 000 décès prématurés en Europe, engendrant plus de 58 milliards d’euros de dépenses de santé. Rien qu’à Marseille, on relèverait un taux de particules fines jusqu’à cent fois plus élevées à proximité du port que dans le reste de la ville.

Un message fort pour les armateurs ?

Et c’est justement à Marseille que le jugement du paquebot Azura vient d’être rendu. Son capitaine et le groupe américain Carnival auquel il appartient, vient d’être condamné à 100 000 euros d’amende ce lundi 26 novembre. L’Azura avait en effet été contrôlé le 28 mars dernier par le Centre de Sécurité des Navires lors de son escale à Marseille et les résultats ne jouaient guère en sa faveur. En effet, la teneur en soufre de son carburant dépassait la limite autorisée (1,68% contre 1,5%). Un choix financier pour l’armateur qui a préféré se passer d’un carburant moins soufré, au prix plus élevé (près du double). D’ici 2020, deux millions de passagers sont attendus à Marseille, avec un nombre d’escales de ces géants des mers de plus en plus élevé (530 rien qu’en 2018). Les riverains espèrent désormais que cette première judiciaire permettra au port marseillais d’être placé en zone d’émission contrôlée en soufre, obligeant les navires à utiliser un carburant en faible teneur en soufre. Affaire à suivre…