Le gouvernement français a enfin réagi à la crise qui secoue le pays depuis un mois. Des mesures ont été annoncées par le Premier ministre. Suffisant pour apaiser une fronde qui s’étend désormais à différentes catégories socioprofessionnelles de la population ?

Hier, mardi, Édouard Philippe a fait le geste que certains n’attendaient plus : une main tendue en direction des « gilets jaunes ». Ce mouvement né d’une protestation contre la hausse des taxes sur le carburant a progressivement dévié vers une revendication générale concernant le pouvoir d’achat. Ces derniers jours, les observateurs pressaient le président de la République à réagir après une série de manifestations particulièrement violentes et spectaculaires à Paris et dans certaines villes de province.

Édouard Philippe prend la parole

Dans une allocution télévisée donnée depuis Matignon, c’est donc finalement le Premier ministre qui a pris la parole, annonçant une suspension pour six mois de la hausse de la taxe sur les carburants, le gel des prix du gaz et de l’électricité cet hiver et un report du durcissement du contrôle technique… Soit un recul du gouvernement sur un certain nombre d’exigences que les « gilets jaunes » expriment depuis près d’un mois. Mais un recul tardif, comme le regrettent déjà nombre de députés de la majorité présidentielle et de leurs alliés du Modem. Car tout le monde craint un nouveau samedi noir alors qu’un appel à la mobilisation, très largement relayé sur les réseaux sociaux, a déjà été lancé pour le 8 décembre.

Emmanuel Macron joue la carte du silence

Et si le chef de l’exécutif a défendu la mise en place de « gestes d’apaisement » et d’un « moratoire large », le scénario qui se dessine actuellement est celui d’une « coagulation des mécontentements », cauchemar de tous les gouvernements. Des ambulanciers aux agriculteurs, les appels à manifester se multiplient un peu partout en France. Hier, plus d’une centaine de lycées ont été bloqués par les étudiants.

Pour l’heure, Emmanuel Macron a décidé de jouer la carte du silence et de laisser son Premier ministre monter au front. Un bouclier qui pourrait s’avérer utile… Car nul ne sait si les mesures annoncées hier suffiront à calmer la colère alors que se greffent aux revendications sociales de départ des revendications politiques, comme la dissolution de l’Assemblée nationale. Ou même… la démission du président.