Sans volant depuis son départ du Jackie Chan DC Racing, le Monégasque Stéphane Richelmi (29 ans) s’est confié sur sa dernière saison et ses ambitions, lui qui espère rapidement retrouver un baquet, en endurance, sa préférence, ou dans une autre discipline.

 

L’odeur de la gomme commence à lui manquer. Depuis juin dernier et la fin de son contrat avec le Jackie Chan DC Racing, Stéphane Richelmi a de nouveau enfilé sa casquette de chef d’entreprise, au sein de la société Monégasque 2 Construction, spécialisée dans le bâtiment, qu’il a cofondé en 2013 avec Anthony Hermenier. En contact avec plusieurs constructeurs pour la saison à venir, le Monégasque s’apprête à faire son retour dans un baquet. En endurance ou ailleurs.

 

Stéphane, quel bilan tirez-vous de la dernière saison écoulée ?

 

J’en retiens du positif, mais à l’arrivée, quand tu perds, c’est toujours difficile à accepter. Honnêtement, nous avons été les plus rapide en piste quasiment à chaque fois tout au long de la saison. Mais nous avons connu de nombreux soucis, qui nous ont coûté beaucoup de points par rapport à nos rivaux. Sur au moins six courses, nous avons été devant Alpine. Mais ils ont réussi à profiter de nos problèmes mécaniques pour remporter le championnat. Au Mans, on s’est battu presque jusqu’au bout pour la victoire, mais on a perdu énormément de temps sur une crevaison. Ce qui a profité à Alpine. Celui qui finissait devant l’autre était champion du monde. Malheureusement, ça n’a pas tourné à notre avantage.

 

Quels sont vos objectifs cette année ?

 

Le team chinois dans lequel j’étais (Jackie Chan DC Racing, ndlr) a perdu un gros sponsor et avait besoin d’argent. Ils ont préféré faire confiance à un ancien pilote de Formule 1, Will Stevens, qui a apporté un soutien financier, donc je me suis retrouvé sans baquet. Depuis, j’ai fait quelques rallyes dans le coin, dont le Rallye du Haut Pays Niçois au volant d’une Skoda Fabia R5. Pour l’instant, je suis en discussion avec quelques constructeurs. Ma priorité va à l’endurance, même si c’est compliqué. C’est là où je me suis mis en valeur depuis plusieurs saisons. J’aimerais avoir ma chance dans un top team. Il me reste encore quelques belles années devant moi.

J’aimerais avoir ma chance dans un top team. Il me reste encore quelques belles années devant moi.

 

Regrettez-vous de ne pas avoir poursuivi l’aventure avec Alpine, où vous aviez réalisé notamment une saison 2016 exceptionnelle avec une victoire au Mans et un titre de champion WEC dans la catégorie LMP2 ?

 

Chez Alpine, le problème était le même. Ils avaient besoin d’argent, malgré le soutien de Renault. Si personne n’est prêt à mettre des ronds pour toi, cela devient compliqué de rester. Il était difficile aussi pour moi de faire ma place au milieu de Gustavo Menezes, aujourd’hui chez Rebellion et Nicolas Lapierre, qui était l’un des pilotes français les plus brillant. Individuellement, il est difficile de se montrer en endurance. J’aurais peut-être dû parfois la jouer plus « perso ».

 

Êtes-vous déçu de ne pas avoir rejoint un top team, en LMP1, après cette saison extraordinaire en LMP2 ?

 

J’aurais dû insister plus, comme le font certains pilotes, qui ne lâchent rien, qui n’hésitent pas à pousser pour rejoindre des tops teams. Dans le fond, ça me fou un peu les boules, mais j’essaye de ne pas trop y penser. Je suis régulièrement en contact avec des constructeurs, mais à chaque, ils disent qu’ils veulent me signer, mais qu’ils ont besoin d’un peu plus de budget. J’ai pourtant toujours roulé parmi les meilleurs en LMP2. Mais ça fait partie du jeu. Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort.

Jota Sport Mighty 38

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Justement, vous avez connu plusieurs disciplines (GP2, Blancpain Series, Rallye). L’endurance reste celle dans laquelle vous vous sentez le mieux ?

 

De toute façon, aujourd’hui, à part la Formule E, il y a peu d’opportunités en monoplace. L’endurance me correspond car elle masque mes défauts, qui sont les départs arrêtés et les dépassements. Plus jeune, j’avais des difficultés à aller au contact. Je n’aimais pas prendre trop de risques. Et dans les courses de sprint, si tu ne dépasses pas, ça ne le fait pas. Ce qui me correspond le plus, c’est la gestion des pneus. Et en endurance, ça s’y retrouve. On me demandait d’ailleurs souvent de gérer les pneus, en me laissant ceux des qualifications.

 

Peugeot va revenir en endurance en 2022. Est-ce un objectif ?

 

J’ai du mal à me dire qu’ils feront confiance en quelqu’un qui n’a pas roulé depuis quelques temps. Il y a aussi les jeunes qui poussent derrière. J’ai besoin de faire au moins un programme, une saison pleine, pour me montrer. Si je ne trouve pas en endurance, j’étudierai la possibilité de rouler dans un championnat moins intéressant, moins exposé médiatiquement, mais qui me permettra de garder le rythme.

Photo: WEC / Adrenal

Propos recueillis par Romain Boisaubert, fondateur de Le Sport au Féminin.