À quelques mois des Jeux Olympiques de Tokyo, la pongiste monégasque Xiao Xin Yang s’est confiée pour Monaco Tribune. Son rêve olympique, son parcours, ses ambitions, la native de Pékin (32 ans) fait le point. Extraits.

Cette envie, cette obsession, ce rêve, dans un coin de la tête. Depuis son plus jeune âge, Xiao Xin Yang porte une admiration particulière pour les Jeux Olympiques, le rendez-vous d’une vie, qu’elle entend bien honorer en juillet prochain à Tokyo. En pleine préparation pour le plus grand évènement sportif de la planète, celle qui pourrait être la porte-drapeau de la délégation monégasque aux JO n’a pas encore validé officiellement son ticket pour le Pays du Soleil Levant. Mais l’euphorie d’une qualification pour Tokyo n’est plus qu’une question de temps.

Xiao Xin, que représente pour vous une qualification olympique ?

Un rêve, que j’ai depuis toute petite. Une fierté, aussi. Celle de représenter la principauté de Monaco à l’échelle internationale. J’espère sincèrement me qualifier pour mes premiers Jeux Olympiques. Ce serait l’aboutissement d’énormément d’efforts et de travail depuis tant d’années.

Comment se déroule la préparation jusqu’ici ?

C’est dur. En ce moment, je participe à beaucoup de compétitions pour gagner des points au classement mondial. Et quand je ne suis pas en compétition, je m’entraîne tous les jours, physiquement, techniquement, et mentalement, pour mieux aborder mes matchs.

Les sensations sont bonnes ?

Franchement, oui. Depuis près d’un an, je trouve que j’ai vraiment progressé. Et je sens que je peux encore progresser. Mentalement notamment. Ces derniers temps, j’ai réussi à battre des joueuses classées dans les dix, quinze meilleures mondiales. Je suis en pleine confiance. Grâce à mon expérience, je suis dans les meilleures années de ma carrière. Je dois en profiter.

Quelles sont vos prochaines échéances ?

Pour l’instant, je suis concentrée sur ma qualification pour Tokyo, qui passe dans un premier temps par Moscou. Si je n’arrive pas à me qualifier par l’intermédiaire des Championnats d’Europe de Moscou (du 7 au 12 avril), il me restera les Championnats du monde, fin mai au Qatar. Dans le pire des cas, il faudra que je sois dans les cinquante premières mondiales pour me qualifier pour Tokyo. Pour l’instant, je suis actuellement cinquante-deuxième. Mais mes récentes performances sur le circuit Pro Tour en Espagne, où j’ai terminé deuxième, au Portugal, où j’ai perdu contre la huitième mondiale, et en Hongrie, où je me suis inclinée face à la onzième mondiale, vont me permettre d’intégrer ce top 50 le mois prochain.

Quelles seraient vos objectifs en cas de qualification pour Tokyo ?  

Si j’ai la chance de me qualifier pour les JO, c’est pour aller le plus loin possible et essayer de battre les meilleures. Viser les quarts de finale est mon objectif.

Qu’est-ce que cela représente pour vous de défendre les couleurs de Monaco ?

C’est un immense honneur. La principauté et le Prince me font confiance. Si j’arrive à me qualifier pour Tokyo, je serai très émue et je remercierai à jamais Monaco car je leur dois tout. Ils me soutiennent depuis des années. C’est une motivation supplémentaire. Quand je dois me lever à 6h30, le matin, pour aller m’entraîner et faire trois heures de transport en commun par jour pour cela (Xiao Xin s’entraîne à Paris), ce n’est pas toujours facile. Mais je pense à leur précieuse aide. Et je me dis que je ne lâcherai jamais rien, au moins pour eux.

Et être porte-drapeau à Tokyo…

Ce serait l’aboutissement, une sensation extraordinaire…

Comment êtes-vous tombée dans le tennis de table ?

J’ai commencé à l’âge de six ans et demi, à Pékin. J’ai tout de suite eu des prédispositions pour le tennis de table. C’est une passion que j’ai depuis toujours. J’adore ce sport. Je peux m’entraîner jusqu’à huit heures par jour. J’espère dans le futur pouvoir faire en sorte que les enfants s’intéressent au tennis de table à Monaco pour faire évoluer la discipline.

Pourquoi Monaco ?

Je voulais découvrir une nouvelle culture. À mes dix-sept ans, j’ai décidé de partir en Europe et en France. Grâce à Agnès Le Lannic (championne française de tennis de table) j’ai par la suite eu la chance de représenter Monaco (depuis 2013). J’ai rencontré Marc Loulergue, à l’époque Président de l’AS Monaco Tennis de Table et l’aventure a commencé.