C’est à Paris, le 14 août 1926 que René Goscinny voit le jour. Surnommé le Walt Disney français, il était profondément lié à Nice, la ville de son épouse, Gilberte Polaro-Millo.

 

Très connu comme scénariste de bandes dessinés, Goscinny est avant tout pluridisciplinaire puisqu’il est reconnu et a exercé comme écrivain, humoriste, réalisateur et même journaliste. Il restera par ailleurs pendant de longues années le rédacteur en chef de Pilote, principal journal traitant de la bande dessinée. Pendant de longues années, il permettra à de nombreux dessinateurs comme Reiser de trouver un peu de lumière grâce au journal.

René Goscinny parmi les auteurs français les plus lus du monde

Avant de rencontrer le succès que nous lui connaissons, René Goscinny avait pour unique ambition de faire rire. Avec approximativement un demi-milliard d’ouvrages vendus à travers le monde, l’auteur affiche des résultats extraordinaires dans le paysage de la bande dessinée et de l’écriture de façon plus large.

Si nous connaissons tous Goscinny comme co-créateur d’Astérix aux côtés d’Albert Uderzo, son œuvre globale reste extrêmement large. Citons également dans le champ de la bande dessinée la création d’Iznogoud avec Jean Tabary, ou l’élaboration avec le dessinateur américain Morris des scénarios d’un grand nombre d’ouvrages des aventures de Lucky Luke. Son empreinte sur l’univers de la bande dessinée ne se borne pas qu’aux frontières de l’Hexagone.

De nos jours, et bien que le succès ait continué à être au rendez-vous après la mort de Goscinny, Astérix reste la bande dessinée la plus traduite au monde dans pas moins de 107 dialectes ou langues.

Quelques anecdotes sur René Goscinny  

Certaines expressions maintenant courantes de la langue française sont nées sous la plume de René Goscinny. Sans l’auteur, point de « calife à la place du calife » ou de « tirer plus vite que son ombre ».

Le succès connu par Astérix faillit ne jamais exister. Aux origines, avec la complicité d’Uderzo, co-fondateur du journal Pilote, il était question de réaliser un projet dont l’idée directrice était de moderniser un classique français : le Roman de Renart. Apprenant rapidement que d’autres auteurs ont un projet similaire, ils se lancent sur quelque chose de nouveau : Astérix venait de naître. La modélisation des personnages de la bande dessinée n’a d’ailleurs pas été simple non plus.

Les premières maquettes dessinées par Uderzo détaillent un Astérix beaucoup plus grand et fort. Sous l’influence de Goscinny, le dessinateur revoit sa copie et crée un personnage aux antipodes de ce qu’il était, pour faire naître Astérix tel que nous le connaissons aujourd’hui. C’est d’ailleurs selon les bases des premières maquettes d’Astérix que naitra le fameux Obélix.

Un véritable angoissé de la page blanche

Par ailleurs, dans le documentaire « Profession : humoriste » consacré à Goscinny, Pierre Tchernia y dépeint un véritable angoissé de la page blanche qui pouvait ruminer son manque de créativité des jours durant avant de pouvoir écrire sans relâche pendant d’interminables heures lorsqu’il planchait sur un nouvel Astérix ou un Lucky Luke. Sa femme, Gilberte Goscinny dresse le portrait d’un homme profondément dépressif et suicidaire dans ces phases de perte d’inspiration.

Nice : sa ville de cœur

Gilberte Goscinny emmenait souvent son époux à Nice, qui était devenue la ville de cœur du scénariste. Le 5 Novembre 1977, ce parisien issu d’une famille juive immigrée de Pologne et d’Ukraine nous quitte à l’âge de 51 ans, fort d’une vie assez brève mais bien remplie. Il est d’abord inhumé au cimetière de Caucade, où sa femme Gilberte le rejoint en 1994. En 2000, l’écrivain est transféré au cimetière israélite du Château, à la demande de sa fille.

Aujourd’hui, à Drap, près de Nice, le lycée René Goscinny occupe le terrain où se trouvait la maison de l’auteur. Les architectes du lycée ont conservé l’intégralité de la demeure pour y implanter l’administration et les locaux des professeurs.