Brève

Moneyval : La Principauté a fait preuve « d’une efficacité modérée » et doit « intensifier ses efforts »

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Le Gouvernement Princier se dit « déterminé à mettre en œuvre les recommandations pour se conformer aux standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. »

Monaco, invité à « intensifier ses efforts en matière d’enquêtes et poursuites de blanchiment de capitaux, de confiscation et recouvrement des produits du crime, et renforcer son système de supervision. » Voici ce qui ressort, notamment du dernier rapport Moneyval, publié ce lundi 23 janvier.

Cet organe de suivi permanent du Conseil de l’Europe a pour mission d’apprécier la conformité aux principales normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et d’apprécier l’efficacité de l’application de ces normes, tout en formulant des recommandations pour les pays concernés.

Si Moneyval a reconnu que des efforts ont été faits par la Principauté, tout n’est pas encore joué et le rapport fait état d’une « efficacité modérée. » Invité à s’exprimer sur Monaco Info, Jean Castellini, Conseiller de Gouvernement-Ministre des Finances et de l’Economie, reconnaît que des améliorations devront être faites, notamment « sur les procédures, sur la capacité de Monaco à étoffer ses dispositifs, à embaucher davantage de personnes et prioriser davantage ses actions. »

Jean Castellini souligne cependant que « la team Monaco a bien conscience des enjeux » et promet que « Monaco sera au rendez-vous Moneyval en 2024. »

Le Conseiller de Gouvernement-Ministre a également rappelé que des progrès ont tout de même été faits entretemps, notamment sur le plan législatif. Le Conseil national s’est d’ailleurs exprimé via un communiqué : « les élus rappellent qu’ils se sont fortement mobilisés à leur place, depuis cinq ans, afin de s’assurer que la législation monégasque respecte les meilleurs standards internationaux, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », peut-on lire.

« Nous allons poursuivre et amplifier notre action »

Rappelant les différents textes de loi adoptés, « dans des délais parfois contraints », l’Hémicycle a conclu son communiqué par une réaction de sa Présidente, Brigitte Boccone-Pagès : « dans le rôle institutionnel qui est le sien, le Conseil National s’est toujours attaché à ce que Monaco respecte les normes internationales applicables en matière de lutte contre le blanchiment et puisse disposer de textes législatifs efficaces. Dans l’unité des Institutions, l’Assemblée rappelle l’importance de l’adaptation permanente et anticipée aux meilleurs standards internationaux, pour protéger et renforcer sans cesse la dimension réputationnelle de notre pays. »

De son côté, le Ministre d’Etat, Pierre Dartout, affirme que « la Principauté est déterminée à poursuivre la mise en œuvre des recommandations de Moneyval afin d’être en conformité avec les normes internationales les plus exigeantes au terme de la période de suivi de douze mois », rappelant que la Principauté est « en ligne avec la vision du Prince Albert II qui veut que Monaco soit exemplaire en matière d’éthique, de transparence et de lutte contre le blanchiment. (…) Cette exemplarité dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme est essentielle pour Monaco en termes de raison d’être et d’attractivité. Nous allons donc poursuivre et amplifier notre action. »

L’Association Monégasque des Activités Financières (AMAF) confirme d’ailleurs que « la régulation est un facteur d’attractivité pour la place bancaire monégasque. » Son Président, Etienne Franzi, promet que « l’AMAF ne manquera pas, pour sa part, d’apporter une nouvelle fois, en tant que de besoin, sa contribution aux travaux qui seront menés à cet effet. Elle note au demeurant que des avancées importantes ont déjà été réalisées, encore récemment avec l’adoption de cinq nouveaux textes de loi le 30 novembre dernier. »