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Récit

Il violente et menace de mort le nouveau compagnon de son ex-femme : le tribunal de Monaco le condamne

Tribunal-Monaco
L'affaire a été jugée mardi 2 juin dernier et le délibéré rendu vendredi 14 juillet 2023 - © Monaco Tribune

Au milieu de ce trio conflictuel, un enfant de huit ans dont la garde est partagée.

Si une rupture est toujours une épreuve compliquée, ce couple ne pouvait imaginer que les difficultés perdureraient autant d’années. Après leur séparation il y a six ans, le dialogue était devenu possible, à tel point que l’échange de l’enfant ne pouvait avoir lieu qu’avec l’intermédiaire de la Direction de l’Action et de l’Aide Sociales (DASO).

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Lors de l’audience correctionnelle de mardi 9 mai dernier, trois dates ont été relevées par les magistrats. D’abord, les faits du 21 février 2020 ont été évoqués. En feuilletant le dossier, le président révèle : « les deux hommes et l’enfant se sont retrouvés dans le couloir de la DASO, le ton est monté, et immédiatement monsieur [le prévenu, ndlr] a attrapé le bras du beau-père de son fils, l’entrainant au sol, lui causant plusieurs lésions et six jours d’ITT. »

Un nouvel incident va se produire un an plus tard, le 6 février 2021, lorsque les deux hommes vont se croiser rue Grimaldi pour le changement de garde. Alors qu’il souhaite s’expliquer avec le nouveau compagnon de son ex-femme, le père va solliciter une conversation. Ce dernier refuse, et la situation dégénère. Le père perd le contrôle et profère des menaces de mort. Les policiers présents sur place sont contraints d’embarquer les deux individus, direction la Sureté Publique.

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Le fils violenté ?

Le dernier incident a eu lieu en avril 2022, une nouvelle fois au moment de confier l’enfant. Comme précédemment, des menaces de mort seront prononcées. « Pourquoi la situation dégénère systématiquement quand vous voyez cet homme ? » interroge le juge. À la barre, le père en dévoile un peu plus sur l’état de son fils : « il me fait comprendre que son beau-père est violent, et qu’il voudrait que je le tue. Depuis, j’ai du mal à garder mon calme ». Des révélations qui ont de quoi surprendre, mais qui ne justifient en rien le comportement du trentenaire. « Dans ce cas monsieur, faites les procédures qu’il faut ! » rétorque le tribunal.

Autre révélation étonnante, le prévenu indique que son fils refuse désormais de le voir seul. Est-ce du fait de ses colères incontrôlées ? La question restera sans réponse. « Avez-vous entamé des démarches de soins ? » questionne le procureur. L’homme au casier judiciaire vierge affirme avoir déjà consulté un psychologue et, les larmes aux yeux, aborde un sujet délicat. « Mon fils a des problèmes, il ne parle pas et c’est une véritable source d’angoisse pour moi, quand il s’agit de lui, je sors de mes gonds. »

Interdiction d’approcher la victime

« Monsieur doit prendre conscience que son comportement est tout à fait contre-productif. Je pense qu’il a tout intérêt à se soigner», réagit le procureur. Pour l’ensemble de ces dossiers, le parquet va requérir six mois de prison avec sursis assortis d’une obligation de soins pendant deux ans, ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec la victime.

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Une obligation de soins tout à fait comprise par la défense, qui estime cependant que la peine de six mois avec sursis semble « particulièrement sévère ». Pour l’avocat, son client n’est rien d’autre qu’« un papa en souffrance ». Après en avoir délibéré, le tribunal condamne l’homme à quatre mois de prison avec sursis assortis, comme l’a souhaité le parquet, d’une obligation de soins pendant deux ans, ainsi qu’une interdiction d’approcher la victime.

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