L’AIAP Monaco célèbre ses 70 ans avec l’exposition « Monaco, à l’ombre du vent »
L’AIAP fête sept décennies d’engagement culturel avec une exposition anniversaire réunissant une cinquantaine d’artistes autour d’une réflexion poétique sur la Principauté.
Pour marquer ses 70 ans d’existence, le Comité National Monégasque de l’Association Internationale des Arts Plastiques a choisi un thème aussi poétique qu’évocateur : « Monaco, à l’ombre du vent ». Une invitation lancée à ses membres artistes pour réfléchir à ce que représente la Principauté, guidés par cet élément omniprésent sur les terres méditerranéennes.
« Le vent a-t-il une ombre ? Cet intitulé est une proposition poétique autour de la traduction libre du mot grec Paradoxe qui signifie à côté de ce à quoi on s’attend », explique Laurent Papillon, conseiller pour l’éducation et thématiques à l’AIAP. Le titre fait également référence à la protection historique qu’offre le Rocher. « Cela rappelle avec une certaine humilité ce que le rocher a toujours su apporter sur les rives de ce petit port préservé, une vie paisible et de qualité », poursuit la présidente et commissaire d’exposition Stefania Angelini.




Un salon qui fait la part belle à la diversité
Dans la grande salle du quai Antoine Ier, l’exposition rassemble une cinquantaine d’artistes sur les 155 membres que compte l’association, offrant une palette diversifiée de propositions artistiques. « L’idée est de permettre à de nombreux membres de pouvoir exposer leur vision. Cette année il y en a un peu plus que lors de nos évènements annuels », précise Stefania Angelini.
Parmi les artistes exposés, Ania Pabis Guillaume a créé une installation jouant avec la lumière : « Je me suis beaucoup inspirée de mes voyages en Asie. Les couleurs du tableau principal rappellent celles des estampes. Derrière les grandes vagues que j’ai agrémentées de poussière de marbre, on discerne les ombres de bâtiments qui apparaissent et qui disparaissent selon la lumière » Son travail intègre des fragments du bateau Tuiga, qui a essuyé un violent orage et un démâtage, rendant hommage aux passionnés de voile, avec une dimension symbolique forte.



Bérénice Faÿ, qui expose depuis 35 ans, a quant à elle travaillé sur la dynamique et le mouvement : « Je travaille les couleurs et les formes pour donner l’impression de mouvement vers la mer, en contraste avec la ville qui grouille ». Pour cette exposition, elle a expérimenté de nouvelles techniques, mêlant fond acrylique et collages de papier. Lindhal Carmen s’est quant à elle appuyée sur une pratique hybride mêlant peinture à l’huile, marouflée sur toile de lin, et une couverture en résine pour faire écho à des céramiques représentant des succulentes et des coraux. « Je me suis inspiré de la flore du Jardin exotique de Monaco et de la flore marine pour créer une forme de dialogue entre les deux », confie-t-elle.

Dans la salle du fond, Martine Micallef propose une approche multisensorielle particulièrement originale. Issue du monde de la parfumerie, elle a créé spécialement pour l’exposition une fragrance inspirée du jardin botanique de Monaco. « Il y a de l’immortelle, des agrumes et de la criste marine », nous glisse-t-elle. Au mur, ses œuvres, réalisées avec de l’encre, de la peinture acrylique et plusieurs couches de résine époxy, explorent le thème du flux : « Ce qui m’intéressait c’était de créer une résonance entre le liquide que représente le parfum et cette fluidité, rendue par le mouvement et le reflet de l’epoxy », explique-t-elle.
Une scénographie soignée pour un anniversaire
En tant que commissaire d’exposition, Stefania Angelini a apporté une attention particulière à la scénographie : « Le défi consiste à faire exister chaque univers et des œuvres très différentes dans le même espace. Il faut créer une narration, une rythmique particulière. »

L’exposition débute d’ailleurs sur des pièces d’artistes fondateurs du comité, grâce aux prêts de collectionneurs privés, offrant ainsi un dialogue entre l’histoire de l’AIAP et sa création contemporaine. Créé en 1955 par Etienne Clérissi et rayonnant sous la présidence d’honneur du Prince Albert II, le Comité National Monégasque de l’AIAP continue ainsi de remplir sa mission : promouvoir les arts plastiques en Principauté et créer des échanges avec des artistes du monde entier.
Informations pratiques :
- Salle d’exposition du 10, Quai Antoine Ier
- Jusqu’au 12 octobre
- Tous les jours, de 14h à 18h











