Deux touristes ivres tentent de voler une Fiat Panda lors du Grand Prix de Monaco
Le tribunal correctionnel de Monaco a jugé mardi 4 novembre deux frères de nationalité écossaise, âgés de 34 ans, poursuivis pour une tentative de vol d’un véhicule et, pour l’un d’eux, usage de stupéfiants.
Les faits remontent à la soirée du 24 mai 2025. Vers 22 heures, un employé de la société monégasque d’assainissement (SMA) remarque deux individus à l’intérieur de sa Fiat Panda, stationnée rue de l’Industrie. Les hommes prennent la fuite, mais sont rapidement rattrapés par d’autres employés, avant d’être interceptés par la Sûreté publique. Le propriétaire découvre alors son tableau de bord arraché, les fils du démarreur pendants.
Soumis à un contrôle, les deux frères présentent des taux d’alcoolémie de 0,43 mg et 0,52 mg d’alcool par litre d’air expiré. À la barre, le principal prévenu explique d’une voix tremblante : « Je suis désolé, j’ai perdu mon grand-père ce soir-là. Tout a été remboursé. Du fond du cœur, c’était une confusion ». Le président du tribunal lui rétorque : « En quoi est-ce une confusion de forcer la serrure de la voiture ? » L’homme répond : « Je ne me souviens pas de ce que j’ai fait ». Le tribunal lui fait remarquer que leur taux d’alcool ce soir-là ne provoque pas un black-out. « On avait bu tout le week-end, on n’était pas dans un état normal », tente-t-il d’expliquer.
L’un des deux avait consommé de la cocaïne
Les deux frères racontent être venus à Monaco pour assister au Grand Prix avec des places VIP au Panorama. Ils se seraient garés à Cap-d’Ail : « On était trop ivres, on a essayé à 4 reprises d’obtenir un taxi ». Ils auraient alors tenté de rejoindre leur véhicule à pied : « On tournait en rond, on était perdus, sans batterie sur nos téléphones. Je ne vais pas mentir, je me souviens de m’être réveillé dans une cellule de prison. On est désolés pour tout ce qui s’est passé », expliquent-ils. Le tribunal s’étonne car quelques centaines de mètres séparent les lieux des faits de Cap-d’Ail. Le prévenu poursuit : « Je buvais beaucoup à cette époque, j’étais en deuil. Aujourd’hui, je suis un traitement, je bois encore parfois, mais je suis en mesure de m’arrêter ». Au moment de l’interpellation, un des prévenus est retrouvé en possession d’une petite fiole de cocaïne, il reconnaît avoir consommé ce soir-là : « Ce n’est pas quelque chose que je fais habituellement. J’ai acheté dans la rue. C’était une erreur. Je promets que cela ne se reproduira plus ». Le tribunal relève que le dessous du tableau de bord et les fils étaient arrachés pour tenter de démarrer la voiture . « On voulait simplement rejoindre notre voiture », assurent-ils. « On a fait ce qu’on a pu et réparé les dommages sur le véhicule. On a pris les coordonnées et on a dit qu’on était désolés aux policiers. »
Le procureur estime que « dans l’état dans lequel ils étaient, ils auraient pu faire un drame. C’est une tentative de vol, ils avaient l’intention de partir avec la voiture. Ce sont des faits regrettables qui auraient pu avoir des conséquences graves. Leurs explications sont insuffisantes ». Il note toutefois que les deux hommes ont indemnisé la victime et demande une peine d’avertissement : quatre mois de prison avec sursis intégral. Pour le frère consommateur de stupéfiants, il requiert 600 euros d’amende supplémentaires, 400 euros pour l’autre prévenu, ainsi qu’une interdiction pour tous les deux de paraître à Monaco pendant un an.
« Nous sommes dans un scénario very bad trip »
L’avocat de la défense remercie le tribunal pour « avoir pris le temps de comprendre la personnalité des prévenus ». Il plaide la clémence et met en avant le contexte personnel difficile de ses clients : « Il y a ici une donnée médicale à prendre en compte. ». Il déclare : « Il y a un état d’ébriété important, trois bouteilles de vodka, ça laisse des traces, l’oubli du téléphone portable. La victime découvre un téléphone dans sa voiture et va le rendre. On est dans la confusion. Nous sommes dans un scénario “very bad trip”, vous pouvez le croire. Ce sont deux personnes qui ne sont pas venues pour voler, mais qui ont fait une tentative ridicule. Ce sont des gens qui font face, qui assument les conséquences de leurs actes. La victime a retiré sa plainte, c’est déjà un pas vers la lumière ». Il insiste sur la réparation du préjudice, la plainte retirée et le comportement des deux frères qui ont fait le déplacement depuis l’Écosse pour comparaître : « Ils ont reconnu leurs torts, présenté des excuses sincères et remboursé les dommages. Ils peuvent être crus lorsqu’ils présentent leurs excuses aux yeux de tout le monde. Je demande indulgence et bienveillance. »
L’un des prévenus, très ému, conclut avant la délibération : « Je me suis excusé en ouvrant mon cœur. Cela ne se reproduira plus jamais ». Après délibération, le tribunal les reconnaît coupables et les condamne à quatre mois de prison avec sursis, une interdiction de paraître à Monaco pendant un an, 600 euros d’amende pour celui qui a consommé de la cocaïne et 400 euros d’amende pour le deuxième prévenu.







