Ornella, fondatrice d’Aritual, propose des ateliers créactifs et bien-être en Principauté
Chaque semaine Monaco Tribune part à la rencontre des jeunes entrepreneurs qui façonnent le tissu économique de la région. Dans notre série « Entreprendre sur la Côte d’Azur », nous avons interviewé Ornella, une jeune entrepreneur qui organise des ateliers créatifs partout à Monaco, convaincue que la création artistique est un pilier essentiel du bien-être.
Née à Monaco, Ornella enchaîne deux ans de prépa puis intègre Kedge à Bordeaux. Elle se spécialise en ressources humaines et décroche différents stages à Paris. Son premier job la mène dans une grande entreprise parisienne où elle travaille dans l’accompagnement du changement. Durant près de trois ans, elle jongle entre les deux villes. Une semaine par mois à Paris, le reste du temps à Monaco grâce au télétravail. Un rythme soutenu, beaucoup de temps derrière l’ordinateur.
Mais parallèlement à cette carrière, Ornella est aussi artiste peintre. Une pratique personnelle qui va s’avérer décisive. Lors de périodes difficiles, c’est vers ses pinceaux qu’elle se tourne, peignant des paysages méditerranéens aux couleurs pastel inspirés de ses origines sardes et corses. L’effet est immédiat, la création l’apaise et la ressource. Ce constat la pousse à réfléchir : pourquoi si peu de gens connaissent ces bénéfices ? L’idée germe alors de lancer un projet qui aurait du sens, un impact positif sur son entourage. Elle mûrit cette réflexion tout en conservant son activité principale. Puis vient le moment de trancher. Fin mars 2025, elle arrête son activité. Trois mois plus tard, en juin, Aritual est lancé.
Un concept qui allie relaxation et création
Chaque session suit le même rituel. D’abord, une demi-heure de relaxation avec un bain sonore aux bols de cristal. Puis une heure trente dédiée à la création artistique. Parfois, Ornella fait appel à des professeurs de yoga pour varier les approches de détente.

Pour les bols de cristal, elle s’est formée seule. Des vidéos, de la documentation, beaucoup de pratique. « L’utilisation est assez intuitive », précise-t-elle. Cette démarche d’autodidacte reflète sa philosophie : pas besoin d’être expert pour créer : « Il n’y a pas de barrière à la création, tout le monde peut s’y mettre ». L’objectif n’est pas de produire une œuvre qui finira dans un musée. Ce qui compte, c’est le chemin, pas la destination. La détente procurée pendant l’acte créatif prime sur le résultat final selon Ornella. Elle adopte d’ailleurs une approche presque « coaching » avec les participants : « J’essaye d’être hyper bienveillante, de leur faire dépasser des limites qu’ils peuvent se mettre. J’essaye de faire sauter les barrières mentales. »
Au programme de ses sessions : peinture sur céramique, aquarelle, poterie, création de porte-clés personnalisés, peinture pour des cartes de vœux. Pour la céramique, Ornella récupère les créations, les émaille, les cuit dans son four, puis les rend aux participants deux semaines plus tard.
Une clientèle déjà conquise

Dès le premier atelier en juin, le public répond présent. Ornella limite volontairement les groupes à une dizaine de personnes pour conserver une ambiance chaleureuse et intimiste. La taille varie légèrement selon les lieux partenaires. La composition du public est intéressante. Elle accueille des résidents internationaux installés à Monaco. Une clientèle en quête de rencontres, car les activités de ce type « restent rares en Principauté », explique-t-elle. Le bouche-à-oreille fait rapidement son effet. Des habitués reviennent, parfois accompagnés d’amis. C’est exactement ce qu’Ornella souhaite développer : « ancrer cette pratique créative dans une routine bien-être », au même titre que le sport ou d’autres piliers du bien-être.
Les retours sont enthousiastes. Une anecdote l’a particulièrement marquée. Deux amies, revenues pour une seconde session, lui racontent que leurs maris leur ont demandé ce qu’elles avaient fumé tellement elles étaient détendues en rentrant. « Pour moi, c’est l’un des meilleurs compliments qu’on m’ait faits ! », sourit Ornella. La preuve que l’expérience fonctionne et détend parfaitement.

Les défis de l’entrepreneuriat solo
Malgré le succès, les défis sont nombreux, notamment celui de tout gérer seule. L’organisation du temps, les allers-retours avec les partenaires, la communication, la logistique. Chaque mois, il faut réorganiser les événements, car Ornella n’a pas encore de récurrence fixe dans les lieux. La gestion des parties prenantes prend un temps considérable. Côté événementiel, tout doit être bien cadré pour éviter les imprévus. S’ajoutent la comptabilité, les aspects financiers, toute la partie administrative qu’on sous-estime quand on se lance.
L’accueil familial a été plus compliqué confie la fondatrice. Au départ, ses proches pensaient qu’elle allait garder son autre activité en parallèle et lancer Aritual comme un « side project ». Mais elle s’est vite rendu compte que c’était impossible : « Quand on veut lancer un projet, il faut mettre toute son énergie dedans. »
Ce qui lui plaît le plus aujourd’hui se sont les rencontres humaines : « Par rapport à mon ancien parcours, où j’étais plutôt derrière mon ordinateur, Aritual m’apporte beaucoup. J’ai la chance de partager ces moments avec les participants, mais aussi avec les partenaires. Il y a vraiment une facette humaine autour de ce projet qui est hyper importante pour moi », confie-t-elle.
Pour cette année, l’objectif est de structurer l’activité. Créer des récurrences, par exemple tous les premiers mercredis au même endroit. Cela permettrait à la clientèle de se projeter, de planifier, d’intégrer ces moments de bien-être dans son agenda. Ornella rêve aussi de travailler avec les hôtels de la SBM, notamment le Monte-Carlo Bay : « Ils ont leur spa, leur lagon. Pour faire le bain sonore, ce serait super », détaille-t-elle. Les synergies avec cet univers wellness seraient naturelles. À plus long terme, elle envisage par exemple de développer des kits créatifs à ramener chez soi.

« J’ai toujours 1 000 idées à l’heure »
Ce qui rend Ornella fière, c’est avant tout l’impact qu’Aritual a sur les gens. Entendre des participantes lui confier qu’elles n’avaient pas touché un pinceau depuis l’école primaire et que l’expérience leur a fait du bien est gratifiant pour elle : « Ça veut dire que j’ai eu un impact sur une personne, qu’elle voit peut-être la vie différemment ». Pour essayer de préserver des moments à elle, Ornella continue sa pratique créative personnelle. Elle a aussi prévu, avec une amie, de se réserver les vendredis après-midi pour créer ensemble, tester de nouvelles techniques. Un moment sacré pour continuer à se nourrir artistiquement. « Je n’ai aucun regret d’avoir lancé Aritual. C’est vraiment fait pour moi. J’adore entreprendre, j’adore faire, j’ai toujours 1000 idées à l’heure. »
Pour les jeunes qui hésiteraient à sauter le pas dans l’entrepreneuriat, Ornella conseille de choisir quelque chose qui passionne vraiment, où on se sent à sa place. « Il y a un moment où il faut se dire : OK, c’est la bonne idée, se mettre à l’action, puis améliorer ». Pour elle, le principal est d’oser franchir le pas plutôt que de rester dans la réflexion.
Informations pratiques
Les sessions sont proposées à 75 euros, incluant la relaxation et l’atelier créatif. Les réservations se font sur aritual.fr. Des cartes cadeaux sont également disponibles. Les prochaines sessions :
- 30 janvier : Peinture sur toile au Marius
- 14 février : Paint your Valentine chez Yumé
- 14 février : Creative Speed Dating au Marius (en partenariat avec DateMe Snacks)
- 24 février : Soirée peinture sur céramique + dîner chez Polpetta Monaco
- 28 février : Matinée Dog Walk + Modelage de la gamelle pour son chien chez Yumé











