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Pratique

Alerte rouge aux pollens en PACA : les réflexes essentiels pour se protéger des allergies

Selon l'Anses, 30% des adultes seraient aujourd'hui victimes d'allergies au pollen © Unsplash
Selon l'Anses, 30% des adultes seraient aujourd'hui victimes d'allergies au pollen © Unsplash

La saison des pollens a démarré avec une précocité inhabituelle en région Sud. Plus d’une trentaine de départements français sont désormais placés en alerte rouge, et la Côte d’Azur figure parmi les zones les plus touchées.

Nez qui coule, yeux irrités, éternuements à répétition… L’hiver n’est même pas terminé que les allergiques souffrent déjà. « On se sent fatigué, migraineux, et on se mouche toutes les deux minutes sans aucune raison », tente d’expliquer notre community manager, Loïc – mouchoir à portée de main – pendant notre réunion de rédaction du lundi matin.

Et pour cause, des températures atteignant 16 à 18 °C ont été relevées fin février en Provence-Alpes-Côte d’Azur, des valeurs dignes d’un mois d’avril, qui ont accéléré le réveil de la végétation. Résultat : depuis le 2 mars 2026, AtmoSud, l’observatoire de la qualité de l’air en région Sud, signale un risque pollinique élevé à très élevé sur l’ensemble du territoire régional. Le Var, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse sont particulièrement frappés, et Nice affiche l’un des niveaux d’alerte les plus forts de la région.

Le cyprès est très présent sur la Côte d'Azur © Nhi Ly - Unsplash
Le cyprès est très présent sur la Côte d’Azur © Nhi Ly – Unsplash

« J’ai plutôt l’impression de subir le pollen »

Le coupable est bien identifié : le cyprès, à l’origine de près de 75 % des cas d’allergies polliniques de la région. Le cyprès vert et le cyprès bleu pollinisent de janvier à avril, mais c’est la combinaison d’un soleil généreux, d’une atmosphère sèche et d’épisodes venteux qui, cette année, rend leur dispersion particulièrement virulente.
À Monaco, ce sont les cupressacées (aulne, frêne, noisetier) qui sont dans le viseur du réseau de surveillance des pollens. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas uniquement méditerranéen : plus de trente départements français sont actuellement classés en alerte rouge, y compris en Bretagne, preuve de l’ampleur de cet épisode.

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Une situation compliquée pour les allergiques désireux de profiter des rayons du soleil : « J’ai l’habitude de faire un peu de course à pied sur ma pause entre midi et deux. Je voulais exceptionnellement profiter des beaux paysages de la côte, mais je m’essouffle plus rapidement que d’habitude », nous glisse Guy, 34 ans, de passage pour la semaine à Monaco et Nice. Lui aussi coureur, Loïc a même du renoncer à certains événements et s’équiper de comprimés antihistaminiques : « Impossible pour moi d’aller à la Fête du Mimosa à Mandelieu, je privilégie les sorties en ville avec un peu moins de végétation, raconte-t-il impuissant. J’ai plutôt l’impression de subir le pollen et d’attendre que ça passe, je n’ai pas encore trouvé de solution miracle. »

Les mimosas en fleur à Tanneron © Benjamin Godart – Monaco Tribune

La tendance n’est pas près de s’inverser. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 30 % des adultes et 20 % des enfants de plus de 9 ans souffrent aujourd’hui d’allergies aux pollens en France, contre seulement 8 % au début des années 2000. Le réchauffement climatique allonge les saisons polliniques et rend certains grains plus allergisants, au point que l’OMS projette qu’un Européen sur deux pourrait être concerné d’ici 2050. Pour la région PACA, ce n’est d’ailleurs que le début : après le cyprès, le platane prendra le relais au printemps, suivi des graminées jusqu’à l’été. Heureusement il existe quelques bonnes pratiques pour se protéger.

Les différentes batailles de fleurs du mois de février, en marge des carnavals, ont sans doute ravi les plus allergiques © Benjamin Godart – Monaco Tribune

Les bons réflexes à adopter face aux pollens

Si une solution miracle n’existe pas, des gestes concrets recommandés par l’Agence régionale de santé (ARS) PACA permettent de réduire significativement l’exposition. Voici les principaux réflexes à intégrer à votre quotidien.

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À la maison

  • Aérer uniquement avant 10 heures le matin ou après 19 heures le soir, car l’émission de pollens dans l’air débute dès le lever du soleil et atteint son pic en milieu de journée.
  • Se rincer les cheveux le soir avant le coucher : les grains de pollens s’y déposent en grande quantité et se transfèrent ensuite sur l’oreiller.
  • Se laver régulièrement le nez au sérum physiologique ou spray d’eau de mer pour éliminer les particules accumulées dans les muqueuses nasales.
  • Ne pas faire sécher le linge à l’extérieur, où il capte les particules allergènes portées par le vent.
  • Éviter les substances irritantes qui aggravent les symptômes : tabac, encens, bougies parfumées, produits d’entretien chimiques.

En extérieur

  • Limiter les activités à risque (jardinage, tonte, sport en plein air), surtout par temps sec et venteux. Privilégier la fin de journée si elles sont inévitables.
  • Porter des lunettes de soleil et un masque pour protéger la muqueuse oculaire et filtrer les grains inhalés. Les yeux sont plus sensibles à la lumière quand la conjonctive est irritée.
  • Éviter de sortir les cheveux mouillés, qui captent davantage les particules allergènes.
  • En voiture, garder les fenêtres fermées, privilégier la climatisation et vérifier régulièrement l’état des filtres à pollens.

Quand consulter ?

En cas de gêne répétitive et saisonnière (nez qui coule, éternuements, yeux rouges, toux, fatigue inhabituelle), il est indispensable de consulter son médecin traitant ou son pharmacien, qui pourront orienter vers un allergologue.

Consultez l’indice pollinique commune par commune sur le site d’AtmoSud et sur le réseau de surveillance des pollens de Monaco. L’outil CartoPollen, développé par l’INRA et financé par l’ARS PACA, propose des prévisions d’émission de pollen de cyprès à trois jours.