Lors de son voyage de deux jours à Bruxelles, les 19 et 20 février, le prince Albert II a rencontré Jean-Claude Juncker. Et est reparti avec des perspectives fortes sur l’adhésion de la principauté à l’Union européenne.

L’annonce n’est pas passée inaperçue. Lors de son voyage de 48 heures en Belgique la semaine dernière, le prince Albert II s’est félicité « des progrès atteints dans les négociations » avec l’Union européenne. C’était juste après sa rencontre avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Et si chacun caresse l’espoir d’un dénouement heureux, c’est que Monaco, non membre de l’UE mais affilié à l’espace Schengen, mène depuis 2015 des négociations ardues avec Bruxelles afin d’obtenir un accord d’association. Celui-ci clarifierait juridiquement les relations entre les deux entités et permettrait de décupler les perspectives de coopération.

Une première étape décisive d’ici juin 2019

D’après un communiqué du palais princier, « le président Juncker a souligné l’ambition de l’Union à conclure les négociations sur l’accord d’ici juin 2019, incluant des dispositions spécifiques tenant compte des singularités monégasques« . A Bruxelles et à Monaco, on se donne donc six mois pour définir les contours d’un cadre institutionnel permettant de déboucher sur l’accord d’association proprement dit. Un cadre permettant surtout d’aplanir les difficultés sur lesquelles ont achoppé les négociations jusqu’à présent

En effet, la principauté veut conserver certaines de ses spécificités qui pourraient heurter les principes de l’UE. Il s’agit en particulier du contrôle de l’installation de personnes physiques ou morales et de la priorité d’emploi réservée aux Monégasques. Le Rocher estime que sa situation particulière – 2 km2 de superficie pour 37 500 habitants – lui donne le droit à une exception.

« La nation monégasque existe et perdure aujourd’hui grâce à des équilibres qui, fragiles, sont indispensables à son existence même et à sa stabilité. Cette stabilité n’est pas synonyme de repli, bien au contraire« , a ainsi rappelé le souverain à Bruxelles, devant un parterre de 150 émissaires européens. « La prise en compte de la situation particulière de mon pays passe par une reconnaissance formelle de ses caractéristiques uniques (…) Elles ont un impact considérable et indéniable sur la vie et l’existence du pays« , a-t-il renchéri.

Le prince Albert II a-t-il enfin été entendu ? En principauté, on interprète en tout cas les réactions provenant de Bruxelles, et en particulier les déclarations de Jean-Claude Juncker, comme des signaux forts.