La bataille fait rage entre les deux milliardaires, Xavier Niel et Iskandar Safa, pour prendre le contrôle de l’entreprise de presse méditerranéenne. Deux points de vue qui s’opposent tout comme leurs partisans, avec d’un côté les actionnaires, de l’autre les journalistes.

Tout a commencé vendredi 12 juillet avec le rachat des parts du groupe belge Nethys par le patron de Free qui devient actionnaire à hauteur de 34 %. Une action qui lui offre le droit de racheter les 66 % restant détenus par la coopérative des 456 salariés-actionnaires dès février 2020. Or, ces derniers ont voté à 60 % pour l’offre de reprise du franco-libanais Safa quelques heures plus tard lors d’une assemblée générale. Une majorité représentée par le personnel administratif et technique, alors que les journalistes étaient unanimes à 98 % en faveur de la proposition de Xavier Niel.

Des dissensions et une bataille judiciaire en ligne de mire

Résultat du mécontentement des journalistes, une grève a conduit à la non-parution des éditions de Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin le samedi 13 juillet. De retour en kiosque et en ligne le lendemain, les tensions restent palpables au sein de la rédaction du journal. Juridiquement, le pacte d’actionnaire établi permet à Xavier Niel de disposer d’un droit de préemption sur le capital restant. Mais le vote de la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) engendre la possibilité de mettre fin à l’application du pacte. Ce sera à la justice de trancher.