Ce mardi 16 juillet, la maison d’enchères Antiquorum spécialisée dans les montres d’occasion et d’exception, proposera une vente événementielle dans la salle Empire de l’Hôtel de Paris. Romain Réa, expert de la maison, nous en confie quelques secrets…

Lot 282.

 

Qu’évoque pour vous Monaco ?
Romain Réa :
A Monaco, les montres complètent avec panache la tenue des Monégasques quotidiennement et j’apprécie observer de très belles Rolex ou Patek Philippe à leurs poignets ! Pour cette vente du 16 juillet, nous avons choisi un écrin particulier pour présenter nos garde-temps : l’Hôtel de Paris et sa magnifique salle Empire… C’est la première fois que cette salle accueillera une vente aux enchères.

Pourquoi avoir attendu 2019 pour faire une vente aux enchères à Monaco ?
RR : En réalité, Antiquorum était l’une des premières maisons de vente spécialisée en horlogerie à officier à Monaco. La première vente eut lieu en 2007, il s’agissait de la vente de charité Only Watch, le 20 septembre très exactement, pour un résultat de 2,7 M d’euros, en faveur de la recherche sur la myopathie de Duchenne. Il était donc naturel que notre maison revienne à ses origines. Par ailleurs, nos ventes genevoises et hong-kongaises sont fixées à mi-saison, c’est-à-dire fin octobre et mi-novembre, mais également fin-avril et mi-mai. Il était donc important de pouvoir proposer à nos collectionneurs une date intermédiaire entre les deux saisons, pour la continuité du développement des départements d’Antiquorum.

Lot 336.

 

Vous allez aussi y établir des bureaux de manière permanente. Pour quelle raison et à quoi seront-ils destinés ? 
RR : La volonté d’ouvrir un bureau permanent vient de notre besoin de recevoir nos clients toute l’année à Monaco, notamment nos clients locaux de la Riviera et nos clients italiens. Ce nouveau bureau s’inscrit dans l’élan de développement d’Antiquorum, au même titre que nos bureaux à Genève, Hong Kong, Munich ou Milan. C’est un gain de confort pour recevoir nos clients qu’on ne pouvait plus satisfaire avec seulement un ou deux jours d’expertise.

A quoi expliquez-vous l’attrait du public et des collectionneurs pour les montres anciennes ou d’exception, surtout à une époque où tout doit aller vite et qui promeut l’ère numérique ?
RR : Les montres vendues lors de ventes aux enchères sont à 95% des montres mécaniques à remontage manuel ou automatique. Les collectionneurs se sentent attirés par ces montres anciennes, avec lesquelles ils vont développer un rapport de complicité, par exemple en remontant leur couronne un petit peu chaque jour. Il y a un côté « rassurant » qui permet de calmer les choses à l’heure du numérique où tout va vite. D’ailleurs en réalité plus personne n’a besoin d’avoir l’heure, on a l’heure partout, sur son téléphone portable, dans sa voiture, sur son ordinateur… Le choix de porter une montre de collection se fait parce qu’on aime l’objet. Le public a un véritable attrait pour la belle manufacture et aujourd’hui, les maisons horlogères utilisent des processus de fabrication qui ne sont plus les mêmes que par le passé, parce que comme l’affirme votre question, nous sommes à l’ère du numérique et beaucoup de procédés sont automatisés. Les finitions des montres anciennes de collection sont totalement différentes de celles d’aujourd’hui.

Lot 342.

 

C’est donc un attrait technique et visuel pour les collectionneurs…
RR : En effet, dans une même série produite de nos jours, les montres vont toutes être absolument identiques, alors que par le passé, très souvent, les pièces avaient des petites différences qui leur donnait une unicité charmante. Ce sont ces particularités qu’Antiquorum met en avant, grâce à notre capacité d’expertise hors norme, avec plus de 12 experts, ce qui est exceptionnel pour une maison de vente aux enchères. C’est l’ADN d’Antiquorum et les collectionneurs le savent et c’est l’une des raisons de notre longévité.

Quelles pièces sont particulièrement attendues pour cette vente du 16 juillet ?
RR : Antiquorum présentera une importante sélection à Monaco, avec pas moins de 342 lots. Pour les amoureux d’horlogerie ancienne : une Breguet en or quantième perpétuel (lot 38 est. 15/20 000€) dans le goût et la tradition de la marque. Également de nombreux documents Breguet d’époque (lots 31 à 35) et un ensemble de rares montres de poche squelette notamment IWC (lots 25 et 26 mises à prix entre 4000 à 6000€), Juvenia (Lot 27 est. 800/1500€) ou encore Gerald Genta (lot 45 est. 10/12000€).
En outre j’attire l’attention des amateurs de montres de poignet avec des complications et des chronographes également au rendez-vous, comme avec la Vacheron Constantin en platine à répétition minute et quantième perpétuel (lot 150, est. 150/250 000€) et une Patek Philippe quantième perpétuel en or réf. 3241 (lot 219, est.35 000€). Sans oublier de superbes chronographes Rolex, dont la référence 4313 aux anses dites « cornes de vache » en or jaune (lot 208, est. 20/ 30 000€). Aussi, une Rolex Daytona en or, estimée entre 80 000 et 100 000 € (lot 334) ou encore un pré Daytona en or, estimé entre 50 000 et 100 000 € (lot 241).
Mais également des montres avec une histoire et une provenance parfois étonnante. A commencer par la montre originale de James Bond. Un chronographe Rolex réf. 6238 à l’étonnante aiguille du chronographe rouge. Provenant de la vente Christie’s du 16 décembre 2003, elle est la montre portée par Georges Lazenby (alias 007) dans le film Au service de sa majesté (lot 103 – estimation entre 300 000 et 500 000 €).
Par ailleurs une superbe Cartier de poche offerte par Aristide Briand à son médecin personnel (lot 43 estimation entre 10 000 et 15 000 €) ou encore la Patek Philippe du lieutenant aviateur Daillière, récompensé pour son record du monde en hydravion entre Cherbourg et Ziguinchor, entre le 22 et 23 juin 1935 (lot 222, estimation entre 6000 et 12 000 €).

D’après vous, quelles pièces vont créer la surprise pendant les enchères ?
RR : La beauté de mon métier est l’émotion que l’on vit lors d’une vente du fait de son imprévisibilité. Toutefois, je m’attends à une surprise avec le lot 342, qui a une jolie histoire, en étant le cadeau d’un patient à son médecin, le Dr. Jacoberger. Il s’agit d’un magnifique chronographe Patek Philippe réf. 130 en or, à secteur et pulsomètre, une fonction liée au domaine médical alors qu’on trouve normalement un tachymètre. C’est une version rarissime de cette référence, jamais présentée dans une vente aux enchères et accompagnée en plus de son écrin et de ses papiers d’origine (Lot 342 – Estimée entre 80 000 et 120 000 €).

Si vous pouviez enchérir, quelle montre issue de cette vente aurait vos faveurs ?
RR : J’aime beaucoup la combinaison or et acier du lot 314 qui date de 1945 et est dans un état spectaculaire avec un cadran originel d’un bel éclat et un bracelet grain de riz type « Gay Frères ». Il y a une montre de poche Breguet qui me plaît également beaucoup, c’est le lot 38, surtout pour son cadran avec quatre compteurs, phase de lune, quantième perpétuel… sur lequel il y a de belles aiguilles type Breguet en acier bleuies et des chiffres légèrement penchés type Breguet également.