La Monégasque Jeanne Heymann, récemment décédée, a légué 20 millions d’euros de sa fortune au Château de Versailles. Elle devient ainsi l’un des plus importants mécènes de cette institution qui fait rayonner la France à travers le monde.

Au Château de Versailles, on n’en revient toujours pas. Un legs providentiel et exceptionnel, de la part d’une mécène totalement inconnue des équipes du lieu. Vingt millions d’euros, une somme colossale, en provenance d’une résidente monégasque, Jeanne Heymann, mise à disposition des conservateurs du lieu. Avec toutefois une condition sine qua non : le remeublement du château de mobiliers et objets datant d’avant 1789, de pièces dispersées au moment du commencement de la Révolution, ce qui n’est pas une mince affaire.

Du mobilier déjà de retour

Les conservateurs se sont mis rapidement en action avec un tel legs et les premiers retours de meubles des trois monarques ayant vécu au Château de Versailles (Louis XIV, Louis XV et Louis XVI) commencent à retrouver leur maison-mère. Ce fut le cas récemment d’une commode royale commandée sous Louis XV et conçue par l’ébéniste Bernard II van Riesen Burgh. Elle fut livrée à l’Infante Marie-Thérèse Raphaëlle d’Espagne le 23 janvier 1745 et a vécu dernièrement pendant quarante années aux Etats-Unis, après avoir été mis aux enchères en 1988. Autre meuble acheté grâce à ce legs, une bergère réalisée pour Marie-Antoinette elle-même, commandée le 4 août 1779 pour son grand cabinet intérieur et réalisée par Jacques Gondoin et François II Foliot. Le legs a également permis le retour de deux vases offerts à Madame Elisabeth par Louis XVI. Bien d’autres meubles et objets sont actuellement en train d’être chinés…