Constructeur et pilote de drones depuis dix ans au sein de la société monégasque MC Clic qu’il a lui-même fondé, Erwan Grimaud survole la Principauté pour offrir des clichés insolites, uniques, tout en s’engageant dans de nombreuses causes nobles, à commencer par la préservation de l’environnement. Nous l’avons rencontré lors d’une rare matinée pluvieuse de ce mois de mars.

Il a bien failli ne jamais s’en remettre. Mais rassurez-vous, le petit drone va bien. Très bien même. « L’humidité et l’électricité ne font jamais bon ménage, sourit-il. Quand il est redescendu, il n’était pas amoché, non, mais il était chargé d’humidité. On a dû rapidement sécher les cartes et quelques composants. »

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Depuis, les images, époustouflantes, presque lunaires, ont fait le tour des journaux et des réseaux sociaux. Souvenez-vous. Un jeudi de fin février. Ce jour-là, un amas de nuages, voile de brume marine, vient s’engouffrer dans le ciel de la Principauté. En plein tournage de Secrets d’Histoire, émission culte animée par Stéphane Bern, au Musée Océanographique, Erwan Grimaud en profite pour faire décoller un de ses drones à près de 200 mètres de haut, pour immortaliser l’instant. « J’attends maintenant la photo imprimée pour l’offrir au Souverain. »

MC Clic, un acteur incontournable de la Principauté

Issu du monde du modélisme, « mon grand-père m’a insufflé sa passion », ce passionné d’hélicoptères téléguidées s’est aussi rapidement pris de passion pour la photo. « Quand j’ai terminé mes études, je ne me suis pas posé de questions, souffle-t-il. Je devais ouvrir un magasin de modélisme, avec les drones électriques comme spécialité. » Ainsi est né MC Clic.

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« À l’époque les drones n’existaient quasiment pas. » Pourtant, dix ans plus tard, et avec l’aide de fonds privés, la structure s’est implantée en Principauté au point d’être aujourd’hui incontournable. Prises de vue du Palais Princier, vérification de façades pour les architectes, mise à disposition de drones pour la sureté publique, reportages vidéo, couverture d’évènements planétaires comme le Grand Prix ou le Monaco Yacht Club… MC Clic est partout, ou presque.

Les drones sont parfois mal perçus, à cause de gens qui décollent à l’improviste ou qui perdent leur drone en plein milieu d’une ville.

« Nous détenons 80% du marché à Monaco, glisse-t-il. Nous avons plusieurs sortes de drones, qu’ils soient terrestres ou marins, que nous produisons nous-même. » Attaché à son équipe, au nombre de cinq avec lui, le Monégasque de trente ans n’entend pas faire de MC Clic une grande multinationale. « Ce côté petite famille, je ne veux pas le perdre. C’est l’âme de l’entreprise. » Mais cela n’empêche pas la boutique de grandir, au fil des années, notamment à travers l’Italie, la Suisse ou le Royaume-Unis. Au point de faire bientôt partie de ces acteurs incontournables du monde demain.

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« Les drones sont parfois mal perçus, à cause de gens qui font n’importe quoi, qui décollent à l’improviste ou qui perdent leur drone en plein milieu d’une ville, regrette celui qui aime s’adonner à un rituel quand il rentre chez lui le soir, faire des courses de nano drones avec sa compagne. Si les vols ne sont pas faits dans les règles, oui, ils peuvent être dangereux. L’usage en ville doit être fait par des professionnels. »

Désengorger les villes grâce aux drones dans le futur

Car pour Erwan Grimaud, l’usage des drones ne se limite pas qu’au simple plaisir de piloter. « Je vois les drones comme une avancée utile, précise-t-il. Leur usage peut permettre de désengorger les villes. » D’ici le milieu de l’année prochaine, MC Clic devrait présenter un drone taxi. « Comme si vous preniez le bus, pour aller d’un point A à un point B. » Imaginez-vous, dans quelques années, monter à bord d’un drone biplace, pour rallier le Port Hercule à Fontvieille en quelques minutes par les airs.

Il est important d’avoir une vision du futur, sans pour autant remplacer l’humain.

« Il est important d’avoir une vision du futur, sans pour autant remplacer l’humain, avertit néanmoins le fondateur de MC Clic. Je suis un grand malade de ces technologies donc je connais aussi leurs défauts. Le côté humain doit toujours rester prioritaire. » Pour éviter, à terme, de disparaître lui-même au profit des drones ? « Ça serait une belle consécration que d’arriver à créer une intelligence artificielle capable de me remplacer, rigole-t-il. Mais nous n’y sommes pas encore. Je pense que je la débrancherais avant ! Les drones ne sont pas voués à nous remplacer, mais plutôt à nous alléger une certaine charge de travail. »

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Dans les méandres de sa boutique, Erwan Grimaud nous expose fièrement son dernier bébé, encore en plein développement et à la forme particulière, presque dérangeante, qui pourrait effrayer les âmes sensibles. Le drone araignée, « capable d’aller sauver des personnes lors de tremblements de terre ou dans des zones peu accessibles. » Erwan Grimaud, ou le sauveur des temps modernes.