« Consommer bio, ça coûte cher » : peut-être un peu cliché mais pas si faux. Nous sommes allés à la rencontre des consommateurs du mode de vie « bio » de la Principauté.

Le prix des produits bio serait en moyenne 75% plus élevé que celui des produits conventionnels. C’est en tout cas ce que révélait, en 2020, le magazine de distribution alimentaire Linéaires. Cette moyenne ne s’applique pas à tous les produits mais se ressent bel et bien dans nos portefeuilles.

Le bio est plus cher mais je suis retraité et je veux me faire plaisir

Christian, consommateur

Le bio, plus accessible en supermarché ?

Dans les rayons bio du Carrefour de Monaco, plus gros supermarché de la Principauté, quelques clients flânent devant les produits. Il y a du choix, comptez quatre rayons complets dédiés au bio, en plus des étals de fruits et légumes.

Dans le caddie de Christian : du lait, des chips, des pommes, des condiments, le tout estampillé bio. Ce retraité vit seul et lorsqu’il se rend dans le supermarché une fois par semaine, l’espace bio est un passage non négociable. « Le bio est plus cher mais je suis retraité et je veux me faire plaisir, je ne regarde plus les prix », avoue Christian, résident à Menton. Là-bas, un magasin spécialisé dans le bio est aussi devenu sa référence : « Oui, c’est plus cher qu’ici mais j’y retrouve des produits de la région donc ça ne me dérange pas. »

Quatre paquets de semoule bio à la main, Cindy ne s’approche pas des étals de fruits et légumes bio. La résidente monégasque a pourtant constitué son alimentation à 90% de bio : « [Les fruits et légumes bio] C’est la seule chose que je ne prends pas tout le temps, les légumes frais sont quand même beaucoup plus chers. »

Quelques exemples ici et là. Le kilo de courgettes bio coûte 4,39€, contre 2,69€ pour le kilo traditionnel. Le concombre bio coûte, lui, 20 centimes de plus que son concurrent tandis que côté fruit, le kilo de tomates bio coûte 1,30€ de plus. Les amateurs de pommes et de kiwis bio paieront respectivement 3,29€ les quatre et 3,59€ les six.

Dans le Carrefour, le kilo de courgettes bio coûte 1,70€ plus cher que le kilo de courgettes traditionnelles. – © Monaco Tribune

Tout augmente ! Le restaurant, les courses, c’est normal que le bio soit plus encore plus cher ! 

Olga, cliente du Biocoop de Monaco

Les magasins spécialisés : plus chers mais populaires

Les clients que nous avons rencontrés dans ces rayons sont également adeptes des magasins spécialisés dans le bio. Dans la Principauté, on en compte une dizaine.

Biocoop est certainement le plus connu, étant notamment le premier réseau de magasins bio en France. Nous discutons avec les clients de la récente augmentation des prix en France, liée à l’inflation (+ 1,26% au mois de mars par rapport à l’année passée, selon une étude de NielsenQ). Le bio n’y a pas échappé mais les habitués, comme Olga, ne sont pas choqués : « Tout augmente ! Le restaurant, les courses, c’est normal que le bio soit plus encore plus cher ! »

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Dans le Biocoop, les prix sont déjà à l’origine légèrement plus élevés que dans les rayons de Carrefour, mais la trentenaire vient ici pour une raison précise. « Je suis allergique au lactose et c’est dans ce magasin seulement que je trouve mon bonheur, ils ont même des produits ménagers uniquement bio qui sont excellents pour la maison », sourit la cliente.

Plus loin, Isabelle et Franck ont les bras chargés de légumes. Selon eux, « Biocoop prime sur la qualité par rapport à un supermarché » et cela « justifie un prix un peu plus élevé. »

Une « meilleure qualité » que la majorité des clients que nous avons rencontrés a défendu. Chez Christian, Cindy, Olga ou encore Isabelle et Franck, un mode de vie « plus sain » – inconsciemment promis par le bio – justifie une alimentation plus coûteuse.

À Monaco, dans les rayons des supermarchés ou au cœur des magasins spécialisés, le prix est un incontournable du bio mais la qualité dans l’assiette semble primer sur le reste.