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Interview

86 ans d’actions à Monaco : l’admirable longévité du Rotary Club

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Le Rotary Club de Monaco fait partie du district 1730 comprenant au total 72 clubs - © Rotary Club de Monaco

L’actuel président du Rotary Club de Monaco, la branche monégasque du Rotary international, s’est livré dans une interview exclusive sur les missions du réseau, et sa récente intervention en Turquie, suite au séisme dévastateur.

Si le Rotary Club de Monaco fait depuis quelques temps parler de lui pour ses actions lors de grands événements d’actualité, ses missions et son dessein restent peu connus. Commençons donc par un peu d’histoire… Le Rotary a vu le jour grâce à un visionnaire nommé Paul Harris. Cet avocat de Chicago a décidé un jour de 1905 de réunir des hommes d’influence de divers horizons, afin d’échanger et de créer des liens.

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« Ils avaient rendez-vous les uns chez les autres, à tour de rôle, d’où l’appellation Rotary, qui par définition induit une rotation, précise le président Alain Dewé. En se réunissant, ils ont identifié les besoins de la cité et se sont lancé dans l’humanitaire, dans le but de servir. »

Près de 40 000 clubs à travers le monde

Un engagement qui perdure aujourd’hui à travers le Rotary International, un réseau mondial apolitique et de toutes confessions de 1,4 million de membres issus de 200 pays qui travaillent ensemble pour apporter des solutions aux problèmes les plus présents de nos sociétés. Les 35 000 antennes travaillent donc autour des mêmes axes : promouvoir la paix, lutter contre les maladies, fournir de l’eau potable, soutenir l’éducation ou encore développer les économies locales et préserver l’environnement.

Parmi les rotariens les plus célèbres, retenons Neil Amstrong, du Rotary Club de Wapakoneta dans l’Ohio aux États-Unis, Winston Churchill du Rotary Club de Londres au Royaume-Uni, Luciano Pavarotti du Rotary Club de Modène en Italie, Margaret Thatcher du Rotary Club de Grantham au Royaume-Uni, Bill Gates du Rotary Club of Seattle aux États-Unis et le Pape François pour ne citer qu’eux. Beaucoup d’hommes, car ils étaient les seuls autorisés à être membres au départ. « Bien que les clubs se soient ouverts aux femmes, celui de Monaco n’en compte pas, pour des raisons que l’on ignore, car elles sont les bienvenues. »

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55 000 euros pour les sinistrés de Turquie

Ils sont avocats, entrepreneurs, agents immobiliers, docteurs… En Principauté, les membres, issus de 12 nationalités différentes, se réunissent toutes les semaines. La branche monégasque a vu le jour en 1937 sous le règne de Louis II, et peut aujourd’hui compter sur le soutien du Prince Albert II qui offre sa Présidence d’Honneur. L’organisme se concentre sur six missions principales : aider la jeunesse, la culture, l’environnement et en particulier les mammifères marins, les anciens, la santé et l’aide d’urgence. « Chaque club est différent, reconnaît Alain Dewé, passé par plusieurs Rotary Club au cours de sa carrière, dont plusieurs en Europe, dans le Pacifique Sud et en Afrique. Mais Monaco a la particularité d’appartenir à un État, et nous avons bien sûr le désir de servir la Principauté et son image. »

Le Rotary Club de Monaco souhaite servir la Principauté et son image – © Rotary Club de Monaco

En 2023, comme en témoigne le président, l’énergie s’est concentrée sur le violent séisme qui a engendré des dizaines de milliers de décès en Turquie début février. « Grâce à l’appui du Gouvernement, nous avons levé 45 000 euros en 15 jours, et débloqué 10 000 euros que nous avions en réserve dans les caisses de l’association. » Cet argent, transféré directement au Rotary Club d’Istanbul, a permis l’achat de dix containers aménagés en logements. « Le besoin était immédiat. Et grâce au Rotary, et aux antennes dispersées aux quatre coins du monde, nous savons exactement quels sont les besoins sur place lors de catastrophes comme celles-ci. »

Un peu plus tôt, le Rotary a soutenu les sinistrés de la tempête Alex à hauteur de 300 000 euros. D’autres projets, plus secondaires, se sont succédé tout au long de 2023 : « nous finançons la recherche pour le cerveau grâce aux recettes issues de la projection d’un film », ajoute Alain Dewé. Le Rotary Club de Monaco met, en parallèle, beaucoup d’énergie pour tenter d’éradiquer la poliomyélite. Un virus extrêmement contagieux qui touche en grande partie les enfants âgés de moins de cinq ans. « Le Rotary est l’une des ONG les plus écoutées à l’ONU », se réjouit le président. Dans les cartons également : la création du « Youth Exchange », un projet d’échange de jeunes mené conjointement avec la Direction de l’Éducation Nationale.

« Il faut qu’on parle de nous »

Pour financer ses actions, le Rotary Club de Monaco peut compter sur ses donateurs, qui apprécient de faire un geste au travers de la Monaco Rotary GolfCup. Une compétition organisée chaque année sur le parcours du Monte-Carlo Golf Club, à laquelle le célèbre pilote de F1 Charles Leclerc a participé. « Le Rotary est, par tradition, un club discret, mais cette discrétion est un handicap aujourd’hui car dans notre monde marqué par l’individualisme, il est de plus en plus difficile d’intégrer de nouveaux membres et d’attirer de nouveaux donateurs », constate le président qui voit les ONG se multiplier et, par conséquent, les dons s’éparpiller.

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Plus d’infos…

Toutes les missions de l’organisation sont disponibles sur le site du Rotary Club de Monaco.