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Interview

Vanderson : « Je me sens épanoui à l’AS Monaco »

Vanderson
Vanderson a pris la pose sur le toit du Centre de Performance de La Turbie mercredi midi (Photo © Romain Boisaubert/Monaco Tribune)

L’arrière droit brésilien (21 ans) de l’AS Monaco s’est longuement confié pour Monaco Tribune.

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Il est arrivé juste après la séance matinale fraîche mais ensoleillée de mercredi, aux alentours de 12h30. « Bonjour, vous allez bien ? » nous adresse-t-il dans un français timide teinté de portugais.

Dans l’une des salles du Centre de Performance de La Turbie, Vanderson a pris le temps de répondre à nos questions, avec beaucoup de sincérité et une certaine assurance dans ses propos.

Sa première réalisation de la saison face à Strasbourg, son positionnement et sa polyvalence sur le terrain, son adaptation à la Principauté et à la Ligue 1, sa jeunesse au Brésil et ses premiers pas dans le football… Extraits de notre entretien avec Vanderson.

Vous avez inscrit votre premier but de la saison face à Strasbourg. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Je suis très heureux d’avoir marqué, dans une rencontre difficile. Cela donne le sentiment du devoir accompli. Depuis la Coupe du monde, je sens que je monte en puissance. Je veux continuer sur cette lancée pour aider l’équipe à atteindre ses objectifs.

Vous avez été écarté des terrains pendant un mois en début d’année. Comment avez-vous traversé cette convalescence après avoir enchaîné les matchs à haute intensité cette saison, entre le championnat et la Coupe d’Europe, notamment lors de l’absence de Ruben Aguilar ?

C’est vrai que cette blessure m’a permis de souffler un peu. Dans un sens, cela m’a peut-être fait du bien. Je me sens beaucoup mieux, notamment dans l’état d’esprit. Je suis prêt à enchaîner les rencontres.

Quand j’évolue au poste d’arrière droit, je peux apporter le surnombre. Mais il faut aussi prendre en compte l’adversaire et ne pas oublier les tâches défensives. Il faut être tout le temps attentif

Ruben Aguilar justement. Depuis son retour en tant que titulaire, Philippe Clement a décidé de vous aligner plus haut sur le terrain, avec une certaine réussite. Dans quelle position vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire par le passé, mon poste de prédilection, c’est celui d’arrière droit. J’aime évoluer dans cette position, mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est aider l’équipe. C’est pour moi le plus important. J’ai la chance d’être polyvalent et d’occuper plusieurs positions sur le terrain. Alors si je dois continuer à évoluer un cran plus haut pour aider mes coéquipiers, j’en serai ravi.

L’année dernière, vous déclariez apprécier avoir du champ devant vous pour remonter votre couloir et pour vous exprimer au mieux sur le terrain. Qu’est ce qui change concrètement en tant qu’ailier ?

Quand j’évolue au poste d’arrière droit, je peux apporter le surnombre. Mais il faut aussi prendre en compte l’adversaire et ne pas oublier les tâches défensives. Il faut être tout le temps attentif. En tant qu’ailier, j’ai un peu plus de libertés. Cela me permet d’apporter de la variété dans mon jeu.

Vous prenez donc autant de plaisir à centre ou tacler qu’à marquer ?

(Il sourit) J’aime les trois ! Mais je ne vous cache pas que j’étais quand même très heureux de marquer mon premier but de la saison face à Strasbourg. J’espère d’ailleurs en marquer d’autres !

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Vanderson a inscrit face à Strasbourg son premier but de la saison en Ligue 1 (Photo © AS Monaco)

À Monaco, un autre brésilien évoluait au poste d’arrière droit il y a quelques années avant de complètement changer de poste. Est-ce qu’à l’image de Fabinho, on pourrait un jour vous voir évoluer dans le cœur du jeu, une position que vous avez déjà occupé durant votre formation…

(Il coupe) Bien sûr. Dans le football moderne, un joueur doit être en mesure de s’adapter et répondre aux besoins de l’équipe. Fabinho est un modèle. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Il a été en mesure de s’adapter et de franchir un palier. Cela force l’admiration et nous pousse à travailler et progresser. En ce qui me concerne, je suis prêt à jouer là où le coach me fait confiance.

Beaucoup de Brésiliens arrivent en Europe en passant par le Portugal afin de faciliter leur intégration. Comment avez-vous vécu votre arrivée à Monaco, dans un nouveau pays, une nouvelle langue, une nouvelle culture ?     

Je me sens épanoui à l’AS Monaco. J’ai eu une chance extraordinaire d’être parfaitement bien accueilli par tout le vestiaire. Tout le monde m’a aidé à m’intégrer. Je me plais beaucoup ici. Ce n’est jamais simple de partir loin. C’est un petit choc culturel, notamment au niveau de la langue. Je dois dire qu’au début, ce n’était pas facile. Mais le temps m’a aidé et m’a permis de m’adapter et de découvrir cette nouvelle culture et cette langue, dans laquelle je progresse.

La présence de Caio Henrique a-t-elle été importante dans votre intégration, au même titre que celle de Jean Lucas ?

Et Gelson Martins aussi, qui parle portugais. Tous les trois m’ont énormément aidé dans mon acclimatation. Je leur en suis vraiment reconnaissant.

Cela serait formidable que l’on puisse parler un jour de Vanderson comme on parle de Maicon. On travail tous pour laisser une empreinte. Maicon, Fabinho, ce sont des exemples à suivre

Vous semblez suivre le même chemin que Caio Henrique. Vous avez ce point commun, lui avec une saison de plus, d’être arrivé à Monaco et de s’être imposé rapidement comme des indéboulonnables de l’équipe. Comment avez-vous géré le fait d’être immédiatement plongé dans le grand bain ?

J’étais serein, je savais pourquoi j’avais signé à l’AS Monaco. Mais je ne vous cache pas que j’ai été encore plus heureux de voir que le club comptait immédiatement sur moi. On m’a rapidement fait confiance, ce qui m’a poussé à me surpasser.

Surtout qu’à votre arrivée, vous avez tout de suite été perçu comme un véritable rayon de soleil dans la deuxième partie de saison monégasque. Chacune de vos entrées étaient scrutées, les supporters voyaient en vous le nouveau Maicon. Cela n’a pas été trop dur à gérer ?

C’est normal qu’il y ait parfois des attentes. C’est aussi pour cela que nous faisons ce métier. La pression fait partie du jeu, il faut l’accepter. Évidemment, cela serait formidable que l’on puisse parler un jour de Vanderson comme on parle de Maicon (sourire). On travail tous pour laisser une empreinte. Maicon, Fabinho, ce sont des exemples à suivre.

Vous traversez votre première saison complète. Comment jugez-vous vos performances et comment appréhendez-vous l’enchaînement des rencontres ?

Quand je suis arrivé, il restait moins de six mois de compétition. J’ai rapidement apporté ma pierre à l’édifice et j’ai ressenti au début de cette saison qu’il y avait énormément d’attentes autour de moi. Je suis encore dans une phase d’apprentissage et cette saison a vraiment été une saison où j’ai beaucoup appris. Quand on vient en Europe, on sait que le calendrier est chargé, entre le championnat, la Coupe de France et la Coupe d’Europe.

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Un Vanderson tout sourire sous le soleil du Centre de Performance de La Turbie (Photo © Romain Boisaubert/Monaco Tribune)

Quelle est la grande différence entre le championnat brésilien et le championnat français ?

(Il coupe) Le rythme. Il est beaucoup plus elevé. Les contacts, aussi, qui sont plus durs. Ce sont pleins de petites choses qu’il a fallu prendre en compte. J’ai dû changer quelques habitudes de jeu. Les différences entre le football brésilien et français sont grandes. La compétitivité est accrue.

Ces dernières semaines, des rumeurs ont fait état d’un intérêt prononcé pour vous du FC Barcelone. Comment gérez-vous ces sollicitations ?

Ce n’est pas quelque chose qui me perturbe. Je suis pleinement concentré sur ma saison avec l’AS Monaco, un club dans lequel je suis très heureux. Je suis tourné vers ma progression et je me concentre sur les détails de mon jeu que je dois améliorer. C’est normal que des clubs observent des joueurs, c’est le football. Mais moi, je veux simplement porter fièrement les couleurs de l’AS Monaco. C’est la seule chose à laquelle je pense.

Et pourtant, à 16 ans, vous avez failli dire stop et mettre le football de côté…

C’est un peu l’histoire de ma jeune carrière. J’ai eu une trajectoire atypique. J’ai pensé à arrêter car il était difficile pour moi d’entrevoir un avenir dans le football professionnel. Mais un coach de ma ville natale (Rondonópolis, ndlr) m’a donné l’opportunité de continuer, en m’amenant à São Paulo puis à Grêmio et aujourd’hui à Monaco.

Porter ce maillot de l’équipe nationale, c’est clairement ce qui me fait le plus rêver… Je travail dur pour atteindre cet objectif

C’est lui qui vous a motivé à continuer, à vous accrocher ?

Il a énormément compté pour moi. Mais c’est aussi grâce à la confiance que j’avais en moi et ce rêve que j’avais au fond de mon coeur. J’ai toujours voulu être footballeur professionnel. C’est ce qui m’a poussé à ne pas abandonner. J’avais aussi cette volonté et cette motivation d’aider ma famille. Dans ma ville, les opportunités étaient rares pour devenir professionnel. Mais je n’ai pas lâché. Avec du recul, je suis fier de mon parcours.

Est-ce que l’on peut considérer que vous faites aujourd’hui la fierté du Mato Grosso, votre région, peu réputée pour ses joueurs de football ?

Peut-être que je suis maintenant une source d’inspiration et une fierté pour ma ville (sourire). Il y a beaucoup de talents dans la région qui brillent dans le football brésilien. C’est important de pouvoir être une source d’inspiration pour les jeunes. Surtout si cela peut les aider à réussir.

Gardez-vous des liens forts avec le Brésil ?

Bien sûr. Je maintiens le contact avec ma famille et mon entourage. Et je ne manque jamais une occasion de leur rendre visite dès que j’en ai l’opportunité.

Vous n’avez que 21 ans, vous êtes titulaire à l’AS Monaco, vous avez disputé la Coupe d’Europe, vous êtes déjà dans le viseur de grands clubs du continent. Quelle est la prochaine étape, la sélection brésilienne ? 

(Son visage s’illumine) Porter ce maillot de l’équipe nationale, c’est clairement ce qui me fait le plus rêver… Je travail dur pour atteindre cet objectif. J’espère un jour avoir cette opportunité, mais pour cela, je fois continuer à progresser.