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Récit

Le Yacht Club de Monaco, au défi du développement durable

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Le Monaco Energy Boat Challenge est l'une des actions environnementales-phares initiées par le Yacht Club de Monaco - © Yacht Club de Monaco

Dans le cadre du cinquième numéro de notre grand dossier consacré aux 70 ans du Yacht Club de Monaco, concentrons-nous sur les actions éco-responsables menées au sein de ses locaux et sur sa promotion de l’innovation dans l’industrie du yachting.

Cinq millions de tonnes de CO2. Tel est, selon les experts, l’impact de l’industrie du yachting dans le monde. Cinq millions de tonnes de CO2, soit 0,3% des émissions de dioxyde de carbone du secteur maritime.

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Si le pourcentage semble minime, le Yacht Club de Monaco a bien conscience de l’importance d’adopter des comportements éco-responsables au sein de l’industrie du yachting. Un défi de taille, où luxe et respect de l’environnement doivent cohabiter. Mais pour Bernard d’Alessandri, Secrétaire général du Yacht Club, des actions sont et doivent être mises en place.

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Bernard d’Alessandri, Secrétaire général du Yacht Club de Monaco – © Michael Alesi

« Il est important de prendre conscience des problèmes de la planète, et le yachting doit être le moins pénalisant possible pour l’environnement, affirme-t-il. Nous devons essayer d’atteindre les objectifs du GIEC. Le Yacht Club de Monaco a d’ailleurs beaucoup évolué en 70 ans, tout comme le yachting : la taille des bateaux, la façon dont on les utilise… Nous accompagnons cette évolution, notamment avec la décarbonation du secteur. »

Le Yacht Club de Monaco, plateforme d’innovations et de sensibilisation

Dans le cadre de la démarche collective « Monaco Capital of Advanced Yachting », le club agit ainsi à terre comme en mer. L’institution réutilise par exemple son eau, afin qu’elle ne soit pas rejetée directement dans la Méditerranée. Mais elle se pose aussi et surtout sur la scène internationale comme un démonstrateur éco-responsable, selon la volonté de son Président, le Prince Albert II, qui a pour cheval de bataille, rappelons-le, la protection des fonds marins à travers sa Fondation.

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« Nous jouons aussi un rôle de plateforme, pour présenter des solutions nouvelles, afin de décarboner le yachting petit à petit, ajoute Bernard d’Alessandri. Depuis dix ans, pour le Monaco Energy Boat Challenge, nous faisons venir chaque été entre 30 et 40 universités ou écoles d’ingénieurs, qui viennent du monde entier et qui font des courses nautiques sans CO2. C’est unique au monde, et ça nous permet de mettre en exergue les nouvelles solutions. Les 500 étudiants présents sont certainement en train de construire le yachting de demain ! »

En parallèle, le Yacht Club de Monaco n’hésite pas à multiplier les actions de prévention et de sensibilisation, notamment à travers des conférences. En mars dernier, le lieu accueillait le 12e Symposium environnemental, en marge de la Monaco Ocean Week. Le Dr Vienna Eleuteri, fondatrice et vice-présidente de la Fondation Water Revolution, Ollie Raylor, Directeur associé d’Anthesis-Marineshift360 et Natalie Quevert, secrétaire générale du Sea Index® ont longuement débattu au cours d’une table ronde, pour savoir comment associer yachting et durabilité.

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Le 12e symposium environnemental s’est tenu en mars dernier – © Mesi-YCM

Le Sea Index®, et la Superyacht Eco Association, tous deux créés en 2020 par le Yacht Club de Monaco et Credit Suisse, visent d’ailleurs à encourager les gestes éco-responsables chez les propriétaires de yachts. Le Sea Index® est le premier calculateur d’empreinte carbone qui permet une comparaison rapide des super-yachts de plus de 25 mètres, ciblant ainsi les objectifs environnementaux de réduction des émissions de CO2 dans le yachting, avec un système incitatif pour les yachts moins énergivores. Il constitue aujourd’hui un outil de référence, notamment pour près de 2 000 yachts de plus de 40 mètres, partout dans le monde.

« Cet index permet de mesurer l’intensité énergétique des yachts. On le délivre aux propriétaires, pour leur faire prendre conscience que le yachting éco-responsable est possible, et on leur donne des conseils pour améliorer leur performance énergétique.. (…) Nous sommes, à notre échelle, des démonstrateurs : nous recevons des personnes qui proposent des solutions pour baisser les émissions de CO2 et autres gaz, mais pas que ! Le yachting implique aussi des pollutions sonores et lumineuses, que nous essayons de réduire », détaille Bernard d’Alessandri.

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Les propriétaires de yachts modifient leur comportement

Cet index est-il efficace ? Il semblerait que oui, comme en témoignait Natalie Quevert au cours du symposium : « après avoir travaillé avec le Sea Index ces deux dernières années, je me suis aperçue que tout dépendait de l’équilibre entre le volume du yacht, la puissance des moteurs, et la bonne adéquation entre la taille du bateau et ses générateurs, pour qu’ils ne soient pas surdimensionnés. C’est extrêmement important. Nous avons récemment vu l’exemple de l’un de nos membres de la Superyacht Eco Association, qui est également membre du Yacht Club, et qui a pris la décision de réduire drastiquement la taille de ses générateurs et de brider ses moteurs. Il avait parfaitement compris quà terme, cela lui aurait coûté beaucoup plus cher, notamment en maintenance et en carburant, et que ses générateurs n’étaient pas utilisés de manière optimale. Donc, son capitaine et lui ont décidé d’en réduire la taille au cours d’un grand réaménagement. Les choses avancent ! »

Des propos corroborés par Bernard d’Alessandri, qui affirme avoir assisté à une « prise de conscience indéniable chez les propriétaires de yachts. Si l’on tient compte, dans notre quotidien, de l’impact de chacun de nos gestes, alors il y aura une amélioration sensible. Et le Yacht Club de Monaco a un rôle à jouer dans la prise de conscience et dans la diffusion de l’information, pour essayer de trouver des solutions. »

Bernard d’Alessandri : « Le Yacht Club de Monaco n’est pas un yacht club traditionnel. C’est un lieu de vie »

L’éco-responsabilité, partout, tout le temps

Autres initiatives déployées et accueillies par le Yacht Club, toujours dédiées à l’innovation : la Monaco Smart marina Rendezvous, (3e édition les 24 et 25 septembre), et le Monaco Smart Yacht Rendezvous, en mars. « Nous pensons que pour avoir l’écosystème le plus responsable possible, les marinas doivent être en mesure d’accueillir de nouvelles technologies, tout comme les yachts. Dire qu’un yacht sera « 0 émission », je n’y crois pas, ce n’est pas possible. Mais nous avons déjà amélioré, et nous allons continuer à améliorer. Il est évident que la règlementation est en train d’arriver : il y aura une énorme transformation dans le yachting », appuie le Secrétaire général du Yacht Club.

Et au-delà des événements, des conférences et des expositions, l’institution intègre au maximum l’éco-responsabilité dans ses actions. Par exemple, le grand concours culinaire « Superyacht Chef Competition », s’inscrivant dans le cadre de la Belle Classe Academy, permet à des chefs de super-yachts de s’affronter, pour préparer le repas le plus élaboré possible à partir d’un panier mystère en seulement 40 minutes. Mais au-delà du respect du timing, de l’originalité, de la présentation et de la saveur des plats, est désormais aussi retenu le critère anti-gaspillage.

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La « Superyacht Chef Competition » prévoit un critère anti-gaspillage pour ses concurrents – © Mesi-YCM

Le Yacht Club de Monaco ne manque donc pas d’idées pour poursuivre sa démarche écologique. Bernard d’Alessandri nous confie, notamment, l’un des grands projets du club : faire de l’institution la première à proposer des régates avec 0 émission. « Nous avons aujourd’hui un certain nombre d’embarcations électriques, rappelle-t-il. Nous avons aussi mis au point, depuis plus de 15 ans, des bouées dynamiques à la place des parpaings que l’on jetait autrefois à la mer avec une ficelle. Désormais, nous déplaçons les bouées et les positionnons avec un GPS. L’idée serait donc de faire des bateaux connectés, et une régate à la voile, sans impact de CO2. C’est un projet qui sera très novateur, j’espère que nous pourrons le concrétiser d’ici peu. »

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