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Récit

Alcoolisé, il sort un couteau de cuisine au cours d’une bagarre à Monaco

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La scène s'est déroulée à deux pas du supermarché Casino - © Pixabay

Le couteau mesurait « la longueur d’un avant-bras ».

La soirée a mal fini pour ces deux jeunes d’une vingtaine d’années, inconnus jusqu’alors de la justice… L’un, ancien agent d’accueil au sein du groupe SBM, et âgé de 22 ans, est poursuivi pour « Violences ou voies de fait avec ITT avec arme, en état d’ivresse » et « Port et transport d’arme de la catégorie C ». L’autre, apprenti ouvrier de 24 ans, est poursuivi pour « Violences ayant entraîné une ITT inférieure ou égale à 8 jours en état d’ivresse manifeste. »

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Pour ces faits qui remontent à juin dernier, les deux jeunes hommes, à la fois prévenus et victimes, étaient convoqués au tribunal correctionnel mardi 14 novembre. Si après quelques mois, l’eau a coulé sous les ponts et qu’aucune animosité n’était palpable à l’audience, l’altercation était particulièrement violente. Après une insulte de la part du plus jeune, le ton monte entre ces deux inconnus ivres, à peine se sont-ils croisés. Le plus vieux lui assène un coup de poing, et, lorsqu’une accalmie semble revenue, son adversaire revient à la charge, cette fois, un couteau à la main.

Un des prévenus « défiguré »

« Vous remontez dans votre véhicule, mais, en voyant votre visage ensanglanté, vous décidez d’y retourner et avec un couteau de cuisine d’une lame de 10 centimètres », relate le président avant de demander : « pourquoi aviez-vous ce couteau dans votre voiture ? » Le prévenu rétorque : « un mois auparavant, nous avions fait un barbecue avec ma famille. Il faut savoir que j’étais défiguré, je n’ai jamais été dans un tel état. De plus, en me frappant, il a cassé le rétroviseur et le pare-brise de ma voiture ».

À côté, l’autre jeune reconnaît : « je n’aurais pas dû porter le premier coup pour des mots, et je me suis excusé directement après. Nous nous sommes même serré la main. C’est son ami, présent au moment des faits, qui a récupéré le couteau et a prévenu la police ». Une honnêteté qui trouve un écho favorable auprès du procureur. « Les deux sont responsables malgré tout, et l’exhibition du couteau était un geste totalement disproportionné. Il aurait pu y avoir un mort ». Le parquet requiert ainsi quatre mois de prison avec sursis pour chacun.

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De la prison avec sursis

L’avocat de l’agresseur au couteau prend la parole : « je reproche à mon client son absence de maturité pour être retourné sur les lieux. On ne se fait pas justice soi-même. Mais, je le crois sincèrement, il n’avait pas l’intention d’utiliser ce couteau. Il ne l’a d’ailleurs jamais pointé dans sa direction. Sachez aussi que lorsque la SBM a eu échos des poursuites, elle n’a pas renouvelé le contrat de ce dernier. Je vous demande la plus grande clémence ». Pour ce qui est des dommages-intérêts, 25 000 euros sont demandés pour le préjudice moral, ainsi que 1 200 euros pour les réparations de la voiture.

« Rien de tout cela ne serait arrivé sans l’alcool, plaide l’avocat adverse, pour qui il ne s’agit pas de légitime défense mais bien de vengeance. Cet homme revient avec un couteau et la seule chose qui me paraît relativement grave, c’est ça. Et il ne pointe pas le couteau car il le cache ! » Concernant les demandes de dommages-intérêts, le défenseur monégasque s’offusque : « nous sommes où ? À San Francisco ? 25 000 euros pour un pain, c’est énorme. Je vous demande de ramener cette somme à de plus justes proportions. Pour notre part, nous réclamons 5 000 euros ».

Si les deux jeunes hommes seront déclarés coupables par le tribunal, le prévenu armé écope de huit mois de prison avec sursis et devra payer 1 000 euros de dommages-intérêts. L’autre est condamné à trois mois de prison avec sursis et devra verser la somme de 500 euros.

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