Une femme condamnée pour avoir revendu un faux sac Hermès à Monaco
Une femme a été condamnée lundi 2 décembre par le tribunal correctionnel de Monaco pour avoir vendu un faux sac Hermès Kelly à des revendeurs de maroquinerie de luxe.
Les faits remontent au 16 août 2023. Ce jour-là, une jeune femme se présente à la boutique Vendome Monte Carlo, spécialisée dans l’achat-revente de sacs de luxe de seconde main. Inconnue du couple de gérants, elle propose un sac Hermès Kelly accompagné de ses documents d’authenticité et d’une facture d’achat.
Pressée de conclure la transaction, la vendeuse insiste pour une expertise rapide. Après un examen sommaire en boutique et une première vérification des photos envoyées via Instagram, les professionnels estiment le sac à 11 000 euros, effectuent le virement bancaire et la jeune femme disparaît aussitôt.
Une contrefaçon capable de duper les experts
C’est lors d’une inspection plus approfondie que le couple découvre des défauts inhabituels pour un authentique Hermès. Un expert de la maison confirme leurs soupçons : il s’agit d’une contrefaçon, certes de très haute qualité, mais d’une contrefaçon néanmoins. « Même l’expert d’Hermès a eu du mal à la reconnaître », confie le couple à la barre. Le tribunal soulignera d’ailleurs qu’il s’agit de « contrefaçons qui peuvent duper même des professionnels ». L’arnaque était sophistiquée : la prévenue avait acheté un véritable sac, fait réaliser une copie à l’identique, puis placé les documents d’authenticité et le numéro de série dans le faux article.
Absente à l’audience, la prévenue née en 1999 et employée chez Louis Vuitton à Milan selon ses déclarations lors de son interpellation, conteste les faits. Par l’intermédiaire de son avocat italien, elle affirme avoir apporté un véritable sac et se dit victime d’une possible substitution. Une proposition de dédommagement de 5 à 6 000 euros avait été transmise aux plaignants, sans suite.
La prévenue ne présente aucun casier judiciaire et n’a aucun lien avec la Principauté.
Le couple s’est constitué partie civile et a réclamé 30 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral et financier. « C’est une vraie perte financière », ont-ils insisté, évoquant également le stress généré par cette affaire et ses conséquences sur leur santé.
Le procureur avait requis une peine d’un an de prison ferme assortie de deux ans d’interdiction du territoire monégasque. Après délibération, le tribunal la reconnaît coupable. Elle est condamnée à un an d’emprisonnement, trois ans d’interdiction de séjour à Monaco et 13 000 euros de dommages et intérêts au profit des victimes.







