Carnaval de Nice 2026 en images : une reine, des chars géants et une explosion de couleurs
Des couleurs éclatantes en pagaille, des chars monumentaux et un public conquis. Le Carnaval de Nice poursuit les festivités sous le signe de la féminité. Monaco Tribune y était pour un reportage photo au cœur de la Carnavalina et du premier corso illuminé.
Il y a près d’une semaine le Carnaval de Nice s’animait pour son opus 2026. Il est 14 heures, ce samedi 14 février. L’avenue Jean-Médecin bouillonne déjà tandis que Monaco Tribune se faufile jusqu’au début du défilé, appareil photo en main. À hauteur de la basilique Notre-Dame, les premières troupes s’élancent pour la Carnavalina, ce grand défilé populaire, festif et gratuit qui marque chaque année le coup d’envoi du Carnaval de Nice. Le cortège descend l’artère commerçante en direction du centre, rejoint la Promenade des Anglais puis le Théâtre de Verdure. Pendant plusieurs heures, chars, musiciens et danseurs transforment le cœur de la ville en une longue scène à ciel ouvert.
Ce tracé, qui relie le centre névralgique de Nice à son front de mer, donne à la parade une ampleur particulière. On traverse la ville comme on traverse les époques, sur un axe qui a vu passer des générations de carnavaliers.




Un 14 février tout en rouge
Hasard du calendrier, la Carnavalina tombait cette année le jour de la Saint-Valentin. Et le rouge était partout. Sur les costumes, les accessoires, les joues maquillées des danseurs. Dans la foule, quelques couples s’embrassent entre deux lancers de confettis. L’atmosphère, déjà festive par nature, prend une teinte romantique inattendue, comme si le carnaval avait décidé, le temps d’un après-midi, de célébrer aussi l’amour.
Dans la foule bigarrée de la Carnavalina, une silhouette attire l’œil. Un bambin désigne du doigt une chauve-souris, noire et théâtrale, qui avance en faisant onduler son aile striée de jaune. N’en déplaise aux fans du chevalier noir, ce n’est pas Batman, ni Bruce Wayne. Sous le masque se cache Marie Gagliolo, co-présidente de l’association Nice La Belle. « Mon costume représente la ratapignata, la chauve-souris en niçois. C’est un personnage emblématique du carnaval. Elle est à la fois l’esprit critique, satirique et la voix du peuple niçois, nous explique-t-elle. Elle habite l’ombre pour mieux accompagner le retour à la lumière et le renouveau du printemps que symbolise le carnaval. »



Nice La Belle, groupe folklorique dont les danseurs, musiciens et chanteurs participent au carnaval depuis les années 2010, célèbre cette année ses 70 ans. « Notre troupe a été créée par mon arrière-grand-père, Francis Gag, en 1956, et nous lancerons d’ailleurs les festivités le 25 février à l’Opéra de Nice », glisse Marie, l’arrière-petite-fille de cette figure locale et ancien chroniqueur de Radio Monte-Carlo.

« Vive la Reine » : un thème fort et engagé
Le ton de cette édition 2026, qui se tient du 11 février au 1ᵉʳ mars, a été donné lors de la cérémonie d’ouverture le samedi soir et lors du corso illuminé, mardi 17 février. Cette année, pas de Roi Carnaval en majesté solitaire : c’est une Reine qui trône. Le thème « Vive la Reine » met à l’honneur la féminité, les héroïnes historiques et les grandes figures féminines, réelles ou fictives, qui ont marqué l’imaginaire collectif.
Sur les chars illuminés, les représentations féminines se succèdent de Frida Kahlo à Simone Veil, en passant par des têtes géantes frappées du hashtag de #MeToo. « Les petites filles ne sont pas seulement faites pour obéir, elles sont faites pour apprendre, réfléchir et parfois se battre pour ce qu’elles savent être vrai. La liberté commence dans l’esprit, oser dire ce que l’on pense, refuser l’injustice, tenir tête à ceux qui veulent vous limiter », récite une jeune carnavalière dans un discours engagé pendant le corso. Un message qui donne une tonalité contemporaine à un événement ancré dans l’histoire niçoise.
Au milieu d’une profusion de couleurs, de musique, de paillettes, de costumes, de plumes et satins, le message infuse les chars qui défilent les uns après les autres. Objectif en main, on ne se lasse pas des sourires et de l’ambiance de fête.






Le Carnaval se poursuit jusqu’au 1ᵉʳ mars. Voici les prochaines échéances à ne pas manquer :
- Samedi 21 février — Bataille de fleurs (14h30) et corso illuminé (20h30), Place Masséna.
- Dimanche 22 février — Corso d’Aqui, le corso de jour avec les troupes folkloriques locales (14h30).
- Mardi 24 février — Corso illuminé (20h30).
- Mercredi 25 février — Bataille de fleurs (14h30).
- Vendredi 27 février — Lou Queernaval, premier carnaval gay de France, ouvert à tous (20h30). Entrée gratuite sur réservation.
- Samedi 28 février — Bataille de fleurs (14h30), dernier corso illuminé (20h30), puis incinération du Roi et feu d’artifice (22h45) sur le Quai des États-Unis. Accès libre et gratuit.
- Dimanche 1ᵉʳ mars — Grand bain du Carnaval à l’Opéra Plage (11h-18h). Clôture des festivités.
Bon plan : l’entrée aux corsos est gratuite pour les personnes intégralement déguisées (dans la limite des places disponibles, billet obligatoire aux entrées piétonnes).











