Cinq films incontournables avec Grace Kelly à voir et à revoir
Avant de devenir Princesse de Monaco, Grace Kelly a marqué Hollywood d’une empreinte indélébile en seulement cinq ans de carrière. Retour sur cinq œuvres emblématiques qui révèlent les multiples facettes de cette icône du cinéma américain.
1. La Main au Collet (1955)
Ce thriller romantique signé Alfred Hitchcock occupe une place particulière dans l’histoire de Monaco. Tourné sur les hauteurs de la Côte d’Azur à l’été 1954, le film offre des panoramas saisissants de la Principauté et de ses environs. Dans une scène devenue prémonitoire, Grace Kelly, au volant d’une décapotable aux côtés de Cary Grant, s’arrête devant un panorama dévoilant Monaco et s’exclame au terme d’une course poursuite : « N’est-ce pas le plus bel endroit du monde ? ».
« Au cours d’une assez longue séquence composée de plusieurs plans très lumineux, Grace Kelly se tient devant un lieu qu’elle semble épouser sous tous ses angles. Derrière la star hollywoodienne s’étire en effet la principauté de Monaco. On y distingue clairement le palais (sans drapeau), le port, la place du Casino et une partie du centre-ville », écrit Henry-Jean Servat dans son livre « La Légende du cinéma à Monaco ».
- La Main au Collet marque la troisième et dernière collaboration entre Hitchcock et sa muse blonde : le film sera récompensé par l’Oscar de la meilleure photographie.
2. Le Train sifflera trois fois (1952)
Seulement son deuxième film, et déjà un rôle majeur aux côtés du légendaire Gary Cooper. Dans ce western mythique de Fred Zinnemann, Grace Kelly incarne Amy Fowler, la jeune épouse quaker d’un shérif confronté seul à une bande de hors-la-loi. Encore novice, elle s’en tire avec les honneurs face à une star vieillissante mais toujours charismatique. « C’est lui qui m’a appris à ne pas trop en faire. Sur scène on a tendance à en rajouter, parce qu’on pense aux spectateurs du balcon», confie Grace Kelly, selon les propos rapportés par James Spada (« Grace, les vies secrètes d’une princesse », 1988).
Le film, considéré comme l’un des plus grands westerns de l’histoire du cinéma, lui ouvre les portes d’Hollywood et attire l’attention d’Alfred Hitchcock. Le Prince Albert II a lui-même confié au micro de France Info avoir vu ce film « davantage de fois » que La Main au Collet, preuve de l’attachement de son fils pour cette œuvre fondatrice.
3. Fenêtre sur cour (1954)
Considéré comme l’un des plus grands classiques de l’histoire du cinéma, Fenêtre sur cour réunit Grace Kelly et James Stewart sous la direction d’Alfred Hitchcock. L’actrice endosse le personnage de Lisa Frémont, une mannequin new-yorkaise sophistiquée qui tente de convaincre son petit ami photographe, cloué dans un fauteuil roulant, de l’épouser. Sublimée par les costumes d’Edith Head, elle déploie une palette remarquable d’émotions : l’élégance altière, la provocation sensuelle de la blonde chez qui « le feu couve sous la glace » – selon les propres mots d’Hitchcock -, mais aussi l’intelligence aiguë et l’humour pince-sans-rire. Un rôle qui définit à jamais l’archétype de la « blonde hitchcockienne ».
4. Une fille de la province (1954)
C’est paradoxalement ce drame psychologique de George Seaton, moins célèbre que ses Hitchcock, qui valut à Grace Kelly l’Oscar de la meilleure actrice en 1955. Aux côtés de Bing Crosby et William Holden, elle incarne l’épouse dévouée d’un chanteur alcoolique en quête de rédemption. Un rôle à contre-emploi où sa beauté est volontairement atténuée pour laisser place à une performance tout en nuances.
- À la suite d’une projection de La Main au Collet à Nice en 2022, le Prince Albert II a déclaré que « le rôle dont elle était la plus fière, c’était peut-être celui qu’elle a interprété dans Une fille de la province, où elle était peut-être moins attendue ». Elle remporta également le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique, confirmant sa stature de grande comédienne au-delà de son image glamour.
5. Haute Société (1956)
Ultime apparition de Grace Kelly sur grand écran, cette comédie musicale de Charles Walters réunit un casting de rêve : Bing Crosby, Frank Sinatra et Louis Armstrong en personne. Tout juste mariée avec le Prince Rainier III, L’actrice y interprète Tracy Lord, une riche héritière tiraillée entre trois prétendants. Détail émouvant : la somptueuse bague qu’elle porte à l’écran n’est autre que sa véritable bague de fiançailles offerte par le Prince de Monaco.
Grace Kelly chante même le duo « True Love » avec Bing Crosby, prenant des leçons de chant pendant plusieurs semaines. Le 45 tours se vendra à plus d’un million d’exemplaires, lui offrant son unique disque de platine. Dans une scène troublante, elle conduit à vive allure sur une route côtière ; à Frank Sinatra (avec qui elle est amie dans la vraie vie) qui lui demande où ils vont, elle répond : « Au cimetière ».
Pour en savoir plus
- Guillaume Evin, « Grace Kelly » (2022, ed. Casa)
- Henry-Jean Servat, « La Légende du cinéma à Monaco » (2007, ed. du Rocher, ed. Privat)
Ouvrages disponibles et consultables à la Médiathèque Caroline de Monaco.









