Si Monaco demeure aussi attractive, c’est que la ville a su développer ses nombreux atouts. Carte de visite en quelques chiffres.

Selon le recensement de 2017, la principauté compte 37 550 habitants, parmi lesquels seulement 8 000 citoyens, issus pour la plupart des familles établies sur le Rocher depuis des générations. Commençons par évacuer la question de la distinction entre citoyen et résident. Selon l’article 1 de la Constitution, « l’enfant né d’un père monégasque est monégasque ». C’est dit : la citoyenneté monégasque est fondée sur le droit du sang.

Acquérir la nationalité et devenir résident

Rien n’interdit cependant d’acquérir la nationalité. Mais c’est un privilège accessible uniquement par le mariage et réservé aux époux et épouses unis à un monégasque depuis au moins dix ans. La naturalisation est possible mais les candidatures sont soumises à un examen drastique. Le candidat doit renoncer à sa nationalité antérieure et résider sur le Rocher depuis au moins dix ans, après l’âge de sa majorité. Pour autant, la décision d’accorder ou non la nationalité monégasque relève, in fine, du pouvoir discrétionnaire du souverain.

Aussi, beaucoup d’habitants se contentent du statut – très recherché par ailleurs – de résident. Pour l’obtenir, il faut travailler pour une société locale ou avoir créé une entreprise à Monaco. Condition nécessaire, mais pas suffisante. Le candidat doit, en plus, déposer des fonds dans une banque monégasque dont le montant minimal est laissé à la discrétion des établissements bancaires.

Des privilèges fiscaux importants

Si ce statut, plus simple à obtenir que la nationalité, est aussi recherché, c’est qu’il offre au titulaire de la carte de séjour le même avantage fiscal qu’au citoyen, à commencer par une exonération d’impôt sur le revenu. Un privilège dont les Français sont exclus depuis les accords franco-monégasques de 1963 qui ont fixé le cadre actuel entre les deux Etats en matière fiscale. Ainsi, Monaco collecte sur son territoire la TVA qu’elle verse à la France, cette dernière lui rétrocédant ensuite sa quote-part.

Plusieurs langues parlées

Avec 6 500 représentants, les italiens sont le premier contingent d’expatriés à Monaco. Mais au moins cent nationalités sont représentées sur le Rocher ou la langue officielle est le français. L’italien et l’anglais, surtout dans le monde des affaires, sont également très couramment utilisés. La principauté n’oublie cependant pas ses racines. La langue traditionnelle monégasque, le « munegascu » où ligure monégasque, proche du parler de Vintimille, y est enseignée dans les écoles publiques et privées. Obligatoire depuis les années 2000, l’enseignement du « munegascu » a permis de sauver ce patrimoine linguistique qui semblait voué à disparaître.

Une économie de service tirée par le secteur immobilier

Si la fiscalité est généralement l’argument avancé pour vanter les bienfaits de Monaco, la principauté est aussi un haut lieu du monde des affaires. Etat indépendant, situé au cœur de l’Europe, elle est à deux heures des principales capitales du Continent. A l’instar de Genève, sa voisine, elle concentre une densité importante d’établissements financiers. L’unité monétaire est l’Euro et des pièces monégasques sont en circulation. Le gros de l’activité économique concerne les services, suivi du commerce et de l’immobilier, un secteur qui génère à lui seul 40 000 emplois et un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’euros. Le secteur touristique arrive en 4e position, grâce notamment aux revenus générés par le casino de Monte-Carlo.

Qualité de vie, sécurité, stabilité : le triptyque gagnant de la principauté

Mais le principal atout de la principauté, c’est son exceptionnel qualité de vie. Tournée vers la mer, la ville bénéficie de la douceur du climat méditerranéen et possède des infrastructures et un parc immobilier de grand standing. Avec 1 policier pour 100 habitants et des caméras jusque dans les halls d’immeubles, Monaco est aussi une ville particulièrement sûre.

Une sécurité qui se prolonge dans la stabilité des institutions. Monarchie héréditaire, constitutionnelle depuis 1911, la principauté est indépendante. Un prince souverain est à la tête de l’Etat. Le pouvoir exécutif est assuré par un ministre d’Etat qui préside un Conseil de gouvernement de six membres. La constitution de 1962 dispose que le prince partage le pouvoir législatif avec le Conseil national, un parlement monocaméral de vingt-quatre membres élus pour cinq ans, au suffrage universel et par scrutin plurinominal.

Tous ces avantages rendent Monaco attrayante pour les artistes et les sportifs qui sont nombreux à résider en principauté. Avec pêle-mêle, le tournoi de tennis de Monte Carlo, le Grand Prix de Formule 1, l’AS Monaco, l’orchestre Philharmonique de Monte Carlo, le Printemps des Arts, le théâtre Princesse Grace, la Compagnie des Ballets et l’Opéra, la vie culturelle et sportive est d’ailleurs un autre point fort de la principauté.