Si son nom n’est pas connu du grand public, c’est d’abord parce que Jim Ratcliffe, surnommé « Dr No », cultive la discrétion. C’est ensuite parce que cet entrepreneur de 65 ans, patron du groupe de chimie Ineos, n’est devenu la première fortune britannique qu’en 2018. La valeur de son entreprise, dont il détient 60% des parts, a explosé depuis un an.

Le fondateur de ce géant industriel pèse désormais 21 milliards de livres, soit 23,5 milliards d’euros. Un patrimoine colossal que sir Jim Ratcliffe – il a récemment été anobli par la reine – a décidé de transférer à Monaco.

Avec des ventes annuelles estimées à 60 milliards de dollars et 18 000 employés répartis sur 171 sites dans 24 pays, les chiffres d’Ineos donnent le vertige. Pourtant rien n’était gagné d’avance pour cet enfant de Manchester issu d’un milieu modeste. Ancien étudiant en chimie à l’Université de Birmingham, titulaire d’un MBA à la London School Business, Jim Ratcliffe a commencé sa carrière chez Esso, avant de rejoindre le groupe de capital-investissement américain, Advent International. Ce n’est qu’à 40 ans qu’il se lance dans le monde des affaires et fonde Ineos, en 1998.

Iconoclaste et touche à tout, passionné de sport, il diversifie petit à petit les activités de son groupe dans le gaz de schiste et le secteur automobile. Lui-même a par ailleurs mis la main sur Belstaff, le fabricant de vêtements pour motards. Il a également racheté le club de football suisse du FC Lausanne.

Celui qui fut un des rares patrons britanniques à soutenir le Brexit est désormais résidant monégasque. Il pourra s’adonner à la voile, une autre de ses passions. Il finance d’ailleurs un bateau de l’America’s Cup pour la course de 2019.