La stratégie brouillonne adoptée par Ferrari condamnait Charles Leclerc à l’exploit dimanche. Il n’a pas eu lieu. Le Monégasque a été contraint d’abandonner après une crevaison. Toutes les questions qui empoisonnent la saison de la Scuderia restent en suspens…

Petit rappel des faits après le 77e Grand Prix de Monaco remporté par Lewis Hamilton ce dimanche. Auteur d’une seule tentative lors de la première partie des qualifications la veille, Charles Leclerc a été maintenu dans les stands alors que les techniciens Ferrari s’affairaient autour d’un Vettel en difficulté. Les autres pilotes ont alors amélioré leur temps de passage ce qui l’a fait plongé à la 16e place. Une énorme frustration pour le Monégasque qui évoluait devant son public. D’autant plus qu’il avait démontré lors de la dernière séance d’essais libres qu’il était plus à l’aise que son coéquipier sur le circuit de Monte-Carlo. 

Une « erreur », reconnait Ferrari

« Nous avons fait une erreur, a reconnu Mattia Binotto, le directeur sportif de la Scuderia. C’est une erreur de jugement, une mauvaise évaluation du chrono ». Une erreur qui condamnait le Monégasque à l’exploit lors de la course de dimanche. On connaît la suite. Sa tentative de dépassement sur Nico Hulkenberg  – une plongée à l’intérieur du célèbre virage de la Rascasse – se soldant par une crevaison et, finalement, un abandon frustrant au 20e tour.

« Je devais prendre des risques sur cette course. Vu d’où nous partions, une position que ne correspondait absolument pas à la performance de la voiture, il fallait que j’en prenne pour remonter. Avec Romain Grosjean, ce fut juste mais c’est passé. Avec Nico Hulkenberg, non, a confié Charles Leclerc au quotidien L’Equipe. Il ne m’a pas laissé assez de place et j’ai touché le rail. D’où la crevaison. Après, les dégâts étaient trop importants sur la voiture. Je dois vivre avec ça…

Car le mal est fait. Les questions de la hiérarchie entre les deux pilotes Ferrari et du recours fréquent aux consignes d’équipe sont donc toujours d’actualité après les six premiers Grands Prix de la saison de Formule 1. L’écurie italienne serait bien inspirée d’y apporter enfin des réponses si elle ne veut pas sombrer face à des Mercedes ultra dominatrices cette année. “J’ai besoin d’explications”, a conclu un Charles Leclerc dépité au micro de Sky Sports. D’explications et, avant tout, d’une ligne claire…