Au terme d’un week-end de course passionnant, qui a trouvé son épilogue dimanche par le premier succès de Thierry Neuville (Hyundai i20 WRC) sur le Monte-Carlo, Monaco-Tribune vous fait revivre les cinq moments forts de ce premier rallye de la saison, qui a vu le Belge succéder à Sébastien Ogier, lauréat des six dernières éditions. 

 

Ott Tänak miraculé d’une effroyable sortie de route

 

Les images, terrifiantes, ont fait le tour du monde. À la sortie d’une portion ultra-rapide dans l’ES 4 entre Saint-Clément-sur-Durance et Freissinières (20,68 km), le champion du monde en titre a vu sa Hyundai i20 se déporter légèrement sur la droite, avant de rebondir sur un talus et partir dans une incroyable série de tonneaux en contrebas de la route. « C’était un accident à très haute vitesse, arrivé de façon plutôt surprenante. C’est une zone que je n’avais pas identifiée en reconnaissances comme étant aussi piégeuse. Ce sont des choses qui arrivent en rallye, il n’y a rien de nouveau. Je n’avais pas noté de compression. » Plus de peur que de mal à l’arrivée pour Ott Tänak et son copilote Martin Järveoja, qui ne sont décidément pas prêts d’oublier leur premier rallye officiel au volant de la Hyundai i20.

 

Thierry Neuville ouvre enfin son compteur sur le Monte-Carlo

 

Depuis le temps qu’il l’attendait, ce premier succès, sur ses terres, lui le résidant monégasque. Passé tout proche du sacre l’an dernier, Thierry Neuville a enfin décroché le graal en prenant tous les risques et en maîtrisant à la perfection ce premier rallye de la saison. « C’est l’une de mes plus belles victoires. Je voulais cette revanche (par rapport à l’an dernier) et je voulais également casser la domination française de Loeb et Ogier (les deux pilotes français ont remporté les huit dernières éditions du Monte-Carlo). Mais pour battre Ogier à la régulière, il m’a fallu être à la limite tout le temps ! » Des risques payants, qui ont permis à Thierry Neuville de succéder à Jacques-Édouard Ledure, dernier belge à avoir remporté l’épreuve monégasque en 1924.

 

Elfyn Evans dans le coup (presque) jusqu’au bout pour la victoire

 

Il a longtemps cru à la victoire. À la surprise général, le Gallois a bien failli être le grand bonhomme de ce Monte-Carlo millésime 2020. Avec quatre temps scratchs – un de plus que Sébastien Ogier – Elfyn Evans a rapidement pris la mesure de sa Toyota Yaris WRC pour se mêler à la victoire finale au milieu des Thierry Neuville, Sébastien Ogier et autre Sébastien Loeb. En tête jusqu’à trois spéciales de la fin, l’ancien de chez M-Sport a finalement laissé échapper un succès qui lui aurait permis de décrocher sa deuxième victoire en WRC. En arrivant chez Toyota, Sébastien Ogier avait prévenu qu’il n’y aurait « pas de numéro un » cette saison. Elfyn Evans ne s’est pas priver de confirmer ses dires, avec une troisième place à l’arrivée. « C’est un sentiment assez mitigé, confiait le Britannique à l’arrivée. Mais dans l’ensemble, nous devons considérer cela comme positif. Ce n’est pas un mauvais début. C’est quelque chose sur lequel nous pouvons construire. »

 

Le dimanche calvaire de Sébastien Loeb

 

En embuscade derrière le trio infernal Neuville-Ogier-Evans presque tout au long du rallye, le nonuple champion du monde a connu un dimanche désastreux, qui l’a contraint de dégringoler de deux places, laissant le Finlandais Esapekka Lappi (Ford Fiesta RS WRC) et le prometteur Kalle Rovanperä (Toyota Yaris WRC) terminer devant lui à l’arrivée à cause d’un mauvais choix de pneumatiques. « Ce n’est certainement pas le rallye que nous espérions, soupirait Loeb. Cela a été difficile tout le week-end et il semble que les planètes n’étaient pas alignées pour nous. Nous roulions bien jusqu’au deuxième jour, mais hier (samedi), nous étions en retrait. Aujourd’hui (dimanche), tout était une question de choix de pneus, qui n’était pas le bon pour les conditions. » Obligé de gérer ses gommes, l’Alsacien, qui a frôle l’abandon dans l’ES 14, a quand même réussi à assurer une sixième place, qui a rapporté dix points à Hyundai au classement des constructeurs.

 

La belle perf’ du Niçois Éric Camilli en WRC 3

 

Dans l’ombre de la lutte infernale que ce sont livrés Thierry Neuville, Sébastien Ogier et Elfyn Evans, le Niçois Éric Camilli s’est illustré en se montrant impérial au volant de sa Citroën C3 R5. En tête du début à la fin dans la catégorie R2 (réservée aux voitures R5) et neuvième au général, l’ex-pilote officiel M-Sport (2016) a remporté le WRC 3, tout en terminant devant le pilote officiel Mads Ostberg (Citroën C3 R5), vainqueur de son côté du WRC 2. « C’est fantastique. On a vraiment fait une super course, ce qui n’est jamais évident quand on ne participe qu’à une épreuve de temps en temps. » Prometteur pour la suite.

 

Par Romain Boisaubert, fondateur de Le Sport au Féminin.